La taxe des milliardaires en Californie : Elon Musk, Mark Zuckerberg et l’Impact Potentiel d’un Impôt Historique

Publié le 12 janvier 2026 à 17:52

La Californie envisage une taxe exceptionnelle de 5 % sur la fortune des milliardaires. Toujours au stade d’initiative citoyenne, le projet pourrait coûter des milliards à des figures de la tech comme Elon Musk et Mark Zuckerberg, selon les documents officiels de l’État et les analyses des autorités budgétaires américaines.

Par @sahbymehalla

La taxe des milliardaires en Californie : Elon Musk, Mark Zuckerberg et l’Impact Potentiel d’un Impôt Historique

Elon Musk vs Mark Zuckerberg - Photo: Dimitrios Kambouris / Kevin Dietsch / Getty Images

 

Un débat fiscal sans précédent traverse actuellement la Californie, où pourrait bientôt être soumise au vote des citoyens une initiative majeure visant à imposer une taxe unique de 5 % sur la richesse nette des milliardaires résidant dans l’État. Cette proposition, connue sous le nom de « Loi sur la taxe des milliardaires de 2026 », s’apprête à remodeler le paysage fiscal américain — et à potentiellement coûter des milliards à des figures comme Elon Musk et Mark Zuckerberg si elle est adoptée par les électeurs en novembre 2026. 

La mesure — encore en phase de collecte des signatures nécessaires pour figurer sur le bulletin — a déjà déclenché une tempête politique et économique bien avant même de devenir loi. Son objectif ? générer jusqu’à 100 milliards de dollars de recettes en ciblant les résidents dont la richesse personnelle dépasse 1 milliard de dollars au 1er janvier 2026, selon les versions officielles du texte.

Selon le texte officiel de l’initiative déposé auprès du procureur général de Californie, l’impôt serait une taxe excise d’un seul versement de 5 % sur la richesse nette — incluant actions, titres, participations dans des entreprises et autres actifs — pour ceux dépassant le seuil d’un milliard de dollars de patrimoine. Les fonds seraient affectés à la création d’un « Fonds de réserve de la taxe sur les milliardaires », principalement destiné à soutenir le système de soins de santé Medi-Cal, ainsi qu’à l’éducation publique et à l’assistance alimentaire. 

La taxe serait due en 2027, après l’adoption potentielle de l’initiative, et pourrait être acquittée en cinq versements annuels plutôt qu’en un seul paiement immédiat. 

Alors que l’initiative vise une poignée de contribuables ultra-riches — environ 200 à 300 milliardaires vivant en Californie — son adoption pourrait se traduire par des charges fiscales colossales pour des entrepreneurs de la tech installés dans l’État. D’après les estimations préliminaires des partisans, le projet pourrait mobiliser environ 100 milliards de dollars en recettes uniques si les électeurs l’approuvent. 

Pour des fortunes aussi élevées que celles traditionnellement associées à Mark Zuckerberg, cofondateur de Meta, ou à Elon Musk, ex-résident de Californie mais toujours associé à de nombreuses entreprises de la tech et à des participations importantes, ce prélèvement représenterait des réductions de patrimoine de plusieurs milliards de dollars si la taxe s’appliquait à leurs actifs soumis à l’État. 

La simple perspective de cette taxe a déclenché une réaction en chaîne parmi les ultra-riches de la Silicon Valley. Plusieurs milliardaires ont déjà restructuré leurs liens avec la Californie, notamment en déplaçant des entreprises ou des résidences fiscales hors de l’État, pour éviter d’être assujettis à la taxe si elle entre en vigueur. 

Cette dynamique souligne à quel point la mesure, bien que n’ayant pas encore été validée pour le bulletin, exerce déjà une pression immédiate sur la planification fiscale des élites. Certains acteurs économiques estiment que cette évolution pourrait entraîner un exode partiel de capitaux et de personnalités clés, avec des conséquences durables pour l’économie californienne. 

La proposition de Californie s’insère dans un débat national plus large sur la taxation des ultra-riches. Aux États-Unis, l’idée d’une taxe sur la richesse a longtemps été discutée mais rarement mise en pratique. La Californie, avec ce projet, pourrait devenir la première grande juridiction américaine à imposer une telle mesure à grande échelle — faisant de l’État un véritable terrain d’expérimentation pour des politiques fiscales audacieuses. 

Cependant, des questions constitutionnelles et juridiques complexes entourent déjà le projet. Des experts estiment que ce type de taxe pourrait être contesté — sur des bases telles que des violations potentielles de clauses du Commerce inter-États ou des arguments selon lesquels elle constituerait une forme de « loi de condamnation » ciblant une classe spécifique de contribuables. 

Ce qui est encore en jeu

Pour l’instant, la « Loi sur la taxe des milliardaires » demeure une initiative qui doit recueillir plus de 874 641 signatures valides avant une date limite de juin 2026 pour être placée sur le bulletin de vote de novembre prochain, selon l’analyse publiée par The San Francisco Standard, qui explique les critères de qualification pour que la mesure figure sur le scrutin.

Indépendamment de son issue, ce débat a déjà redessiné le paysage fiscal et politique californien — forçant les milliardaires à anticiper de nouvelles stratégies de planification, mobilisant des forces politiques autour de la justice fiscale, et suscitant des discussions profondes sur l’équité dans l’imposition. Si le projet passe, il pourrait devenir une pierre angulaire de la politique fiscale américaine, et un précédent pour d’autres États ou même pour des politiques fédérales à venir.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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