Donald Trump a acheté au moins 1 million de dollars d’obligations Netflix et Warner Bros. Discovery quelques jours après l’annonce de leur accord, un mouvement financier qui relance le débat sur la transparence et les liens entre pouvoir politique et marchés financiers.
Par @sahbymehalla
Samuel Corum / Sipa USA / Sipa USA via AP News
Quelques jours après l’annonce d’un accord majeur impliquant Netflix et Warner Bros. Discovery, Donald Trump a procédé à l’achat d’au moins 1 million de dollars d’obligations émises par les deux groupes médias. L’information provient de documents de divulgation financière officiels, rendus publics mi-janvier, qui détaillent les mouvements récents du portefeuille du président américain.
Ces investissements obligataires font partie d’un ensemble beaucoup plus large, jusqu’à 100 millions de dollars d’achats de titres effectués sur les marchés financiers au cours de la même période, principalement dans des obligations d’entreprises cotées. L’agence précise que les titres Netflix et Warner Bros. Discovery ont été acquis entre le 12 et le 16 décembre, soit quelques jours seulement après l’annonce officielle de l’accord entre les deux groupes.
Ces transactions interviennent alors même que Donald Trump avait publiquement laissé entendre qu’il suivait de près l’évolution du dossier Netflix–Warner Bros. Discovery. La déclaration financière mentionne des montants compris entre 1 et 5 millions de dollars pour certaines lignes obligataires, sans préciser le chiffre exact par entreprise, ce qui explique l’estimation prudente « d'au moins 1 million » pour les deux groupes combinés.
Les entreprises concernées, Netflix et Warner Bros. Discovery, sont au cœur d’une opération stratégique majeure dans l’industrie du divertissement. L’accord annoncé début décembre vise à renforcer la position de Netflix face à une concurrence accrue sur le streaming mondial, tandis que Warner Bros. Discovery cherche à valoriser son vaste catalogue de contenus et à alléger une structure financière sous pression.
D’un point de vue financier, l’achat d’obligations — plutôt que d’actions — est interprété par des observateurs comme un pari plus défensif, misant sur la capacité des groupes à honorer leurs dettes dans un contexte de consolidation du secteur. « Les obligations offrent un rendement prévisible et une exposition plus limitée à la volatilité boursière », ce type de titres est souvent privilégié par les investisseurs cherchant à sécuriser des revenus fixes.
Ces révélations relancent le débat récurrent aux États-Unis sur la transparence financière des responsables politiques et sur la frontière entre décisions publiques et intérêts privés. Si aucune illégalité n’est évoquée à ce stade, plusieurs observateurs notent que la proximité temporelle entre l’annonce de l’accord et les achats d’obligations alimente inévitablement les interrogations, dans un climat politique déjà marqué par une forte polarisation.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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