Washington intensifie ses positions diplomatiques en Amérique latine : le Mexique et la Colombie répondent aux avertissements de Trump

Publié le 5 janvier 2026 à 09:39

Alors que l’administration américaine maintient sa pression sur plusieurs gouvernements latino-américains après l’opération militaire au Venezuela, les réactions officielles de Mexico et de Bogota sont tombées, marquant une détérioration notable du dialogue diplomatique dans la région.

Par @lemanifestmedia

Le président Trump dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le 3 décembre. Photo : Will Oliver / EPA / Bloomberg via Getty Images.

 

Le message est bref, direct, et volontairement dissuasif. Au lendemain de l’opération américaine au Venezuela, Donald Trump a adressé un avertissement explicite aux gouvernements du Mexique, de Cuba et de la Colombie, laissant entendre que ces pays pourraient être « les prochains » si Washington juge leurs orientations contraires aux intérêts américains. Une séquence qui marque une inflexion assumée de la politique étrangère des États-Unis en Amérique latine.

Des responsables de l’administration et des échanges tenus à la Maison-Blanche, le président américain a évoqué une lecture « renforcée » de la doctrine Monroe selon le rapport de la stratégie sécuritaire de novembre 2025, estimant que l’opération vénézuélienne devait servir de signal stratégique à d’autres capitales de la région. Le Mexique, Cuba et la Colombie ont été nommément cités lors de discussions internes et de déclarations publiques informelles, dans un contexte de fermeté revendiquée.

Dans un communiqué rendu public par le ministère mexicain des Affaires étrangères, le gouvernement a réaffirmé son engagement en faveur de la stabilité régionale en rappelant que « l’Amérique latine et les Caraïbes constituent une zone de paix, fondée sur le respect mutuel, le règlement pacifique des différends et l’interdiction du recours à la force ou de la menace de son usage ». Le texte ajoute que « toute action militaire met donc gravement en péril la stabilité régionale », soulignant la préoccupation croissante de Mexico face aux signaux envoyés par Washington après l’opération au Venezuela.

Du côté colombien, le président Gustavo Petro s'est exprimé sur X (anciennement Twitter) pour réaffirmer la position de son pays sur la scène internationale. Dans une série de publications, Petro a déclaré que « la paix, le respect du droit international ainsi que la protection de la vie et de la dignité humaine doivent prévaloir sur toute forme de confrontation armée », rappelant que la Colombie privilégie toujours la diplomatie et le cadre multilatéral pour résoudre les différends plutôt que toute approche militaire.

Ces déclarations interviennent après que le président américain Donald Trump a adressé des avertissements explicites aux gouvernements du Mexique, de Cuba et de la Colombie, suggérant que leurs pays pourraient être « les prochains » à faire l’objet d’actions similaires à celle menée contre le président vénézuélien Nicolás Maduro. Ce ton musclé reflète une nouvelle dynamique dans la politique extérieure américaine envers l’hémisphère occidental, suscitant une vague de réactions politiques et diplomatiques dans et hors de la région.

La juxtaposition de ces déclarations montre une ligne de fracture grandissante entre Washington et plusieurs capitales latino-américaines — une fracture qui pourrait remodeler les relations interétatiques dans les Amériques au cours des prochains mois. Les responsables de Mexico et de Bogota, tout en exprimant leur ferme attachement à la paix et au droit international, laissent entendre qu’ils sont prêts à mobiliser des mécanismes régionaux pour contrer toute tentative de pression militaire ou politique perçue comme hostile.

Washington assume une posture de fermeté maximale. Le signal est envoyé, le cadre est posé. Reste une inconnue majeure, cette stratégie de communication musclée débouchera-t-elle sur des actes concrets ou restera-t-elle un levier de pression politique ? Début 2026, l’Amérique latine avance sur une ligne de crête, entre dissuasion verbale et risque d’escalade.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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