Dossiers Epstein, l’administration Trump accusée de semer la confusion avec une liste de noms

Publié le 16 février 2026 à 16:39

L’administration Trump est au cœur d’une nouvelle controverse après la publication d’une liste de centaines de personnalités mentionnées dans les dossiers Epstein, une initiative dénoncée par plusieurs élus comme une tentative délibérée de semer la confusion entre simples citations et responsabilités pénales.

Par @sahbymehalla

Dossiers Epstein, l’administration Trump accusée de semer la confusion avec une liste de noms

Dans une lettre de six pages adressée au Congrès durant le week-end, la procureure générale Pam Bondi a transmis un inventaire comprenant des responsables politiques de premier plan ainsi que des célébrités. Parmi les noms figurent notamment le président Donald Trump, l’ancien président Barack Obama ou encore l’ex-Première ministre britannique Margaret Thatcher.

Le document mentionne également Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres royaux et militaires après ses liens avec Jeffrey Epstein, ainsi que Peter Mandelson, qui a récemment quitté le Parti travailliste et démissionné de la Chambre des Lords à la suite de nouvelles révélations sur sa relation avec le financier déchu.

La liste inclut aussi plusieurs figures de la culture populaire, parmi lesquelles Mick Jagger, Elvis Presley, Marilyn Monroe, George Clooney, Beyoncé, Cher et Janis Joplin.

Le ministère de la Justice insiste sur un point central, la présence d’un nom dans les archives ne constitue en aucun cas une preuve d’acte répréhensible. Certaines personnalités n’auraient eu ni correspondance ni interaction directe avec Epstein.

Dossiers Epstein, l’administration Trump accusée de semer la confusion avec une liste de noms

Pam Bondi accusée « d'étouffer l’affaire Epstein ». Photo : Ap News 

 

Selon Pam Bondi, l’inventaire regroupe toutes les personnes ayant été, ou étant encore, des responsables publics ou des individus politiquement exposés, ainsi que toute personne dont le nom apparaît au moins une fois dans les documents publiés dans le cadre de la loi sur la transparence des dossiers Epstein.

La lettre affirme par ailleurs que l’intégralité des « archives, documents, communications et éléments d’enquête » détenus par le ministère a été rendue publique, sans censure fondée sur « l’embarras, l’atteinte à la réputation ou la sensibilité politique ».

Cette publication intervient après la diffusion, le 30 janvier, de plus de trois millions de documents supplémentaires liés à l’affaire, comprenant des échanges d’e-mails, plus de 2 000 vidéos et près de 180 000 images.

Le représentant démocrate Ro Khanna, co-auteur de la loi sur la transparence avec le républicain Thomas Massie, accuse toutefois le ministère de « brouiller volontairement les pistes » entre prédateurs avérés et personnes simplement mentionnées dans un e-mail.

Il dénonce une liste où « Janis Joplin, morte alors qu’Epstein avait 17 ans, apparaît aux côtés de Larry Nassar, condamné pour l’agression sexuelle de centaines de jeunes femmes », sans aucune explication sur le contexte de leur présence dans les archives.

Son appel est clair, publier l’intégralité des dossiers, cesser de protéger les prédateurs et ne masquer que les noms des survivantes.

Thomas Massie critique lui aussi la procédure, affirmant que le ministère invoque le secret des délibérations pour ne pas divulguer certains documents internes, alors même que la loi impose la publication des notes, mémos et échanges liés aux décisions de poursuites ou d’enquête. Il affirme en outre que certains fichiers majeurs auraient été retirés avant que les parlementaires puissent consulter leurs versions non expurgées.

Ironie de la situation, les noms de Ro Khanna et Thomas Massie figurent également dans la liste.

Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule en août 2019, peu après son arrestation pour trafic sexuel de mineures. Depuis, la gestion et la publication des archives judiciaires alimentent un débat explosif mêlant transparence, responsabilité politique et protection des victimes.

Le ministère de la Justice n’a pas encore répondu aux sollicitations pour commenter ces nouvelles accusations.

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