Des rituels uniques pour accueillir le ramadan à travers le monde musulman

Publié le 17 février 2026 à 19:21

Du Yémen à l’Indonésie, en passant par la Mauritanie et le Nigeria, plongée dans des traditions méconnues qui transforment l’arrivée du ramadan en une mosaïque de célébrations spirituelles, sociales et culturelles. Un voyage fascinant au cœur des coutumes qui unissent la foi et la diversité des peuples musulmans.

Par @lemanifestmedia

Des rituels uniques pour accueillir le ramadan à travers le monde musulman

Les façons d’accueillir le mois béni de ramadan diffèrent d’un pays à l’autre (Shutterstock).

 

Malgré l’unité spirituelle qui rassemble les musulmans autour des mêmes pratiques religieuses, les traditions marquant l’arrivée du mois de ramadan varient profondément d’un pays à l’autre. Entre rites religieux, coutumes sociales et héritages culturels, chaque société façonne une manière singulière de célébrer cette période perçue comme un temps de renouveau spirituel et de cohésion collective.

Dans plusieurs pays, les premiers jours du mois sacré sont ainsi marqués par des rituels parfois surprenants, mais chargés de symboles et solidement ancrés dans la mémoire populaire.

Yémen, repeindre les maisons pour attirer la bénédiction

À l’approche du ramadan, de nombreuses familles yéménites entreprennent de repeindre et de décorer leurs habitations. Cette transformation du foyer vise à instaurer une atmosphère festive et, selon la croyance populaire, à attirer la baraka et la prospérité durant tout le mois.

Soudan, renouveler les ustensiles et partager l’iftar

Au Soudan, les femmes tiennent à acheter de nouveaux ustensiles de cuisine avant le début du ramadan, une préparation à la fois psychologique et festive. Le premier jour du jeûne est marqué par des repas collectifs dans les quartiers, où les tables communes reflètent l’esprit de solidarité sociale.

Mauritanie, la tradition des « cheveux du ramadan »

Quelques jours avant le mois sacré, les hommes se rasent entièrement la tête afin que la repousse coïncide avec sa fin. Cette coutume, appelée « cheveux du ramadan », symbolise le renouveau et les nouveaux départs. Par ailleurs, de nombreuses familles choisissent de célébrer les mariages durant cette période, en quête de bénédiction.

Indonésie, congés scolaires et tambours traditionnels

Les autorités indonésiennes accordent une semaine de vacances aux élèves au début du ramadan pour faciliter l’adaptation au jeûne. Dans les rues, les tambours traditionnels « bedug » résonnent, créant une ambiance populaire emblématique de l’accueil du mois sacré.

Pakistan, la « guerre des œufs » après l’annonce du croissant

Dès l’observation du croissant lunaire, des jeunes participent à une compétition insolite consistant à se lancer des œufs durs jusqu’à l’heure du suhoor. Des cérémonies sont également organisées pour célébrer les enfants qui jeûnent pour la première fois, afin de les encourager.

Nigeria, inviter les plus démunis à l’iftar

Dans certaines régions nigérianes, les familles aisées invitent une personne défavorisée à rompre le jeûne à leur table. Les plats sont parfois collectés dans tout le quartier pour organiser des repas collectifs, témoignant d’un fort esprit de solidarité.

Ouzbékistan, le sacrifice du mouton pour le premier jour

Le premier iftar ne se conçoit pas sans l’abattage d’un mouton, partagé entre proches et voisins. Le repas s’accompagne de grands pains faits maison à base d’huile et de lait, ainsi que de thé noir, pilier de l’hospitalité locale.

Thaïlande, un rituel autour du repas de l’épouse

Dans certaines communautés, des hommes s’abstiennent de consommer directement les plats préparés par leur épouse lors de la rupture du jeûne. La nourriture est d’abord offerte à une autre personne, une pratique censée apporter prospérité et bénédiction, et qui reflète l’entrelacement des valeurs familiales et religieuses avec la culture locale.

Le ramadan, entre foi, culture et lien social

Au-delà de leur diversité, ces traditions illustrent la manière dont le ramadan devient un espace commun où se mêlent spiritualité, héritage culturel et solidarité. Même lorsque certaines pratiques paraissent atypiques, elles traduisent des valeurs universelles de partage, de renouveau et de rapprochement humain.

Chaque année, le mois sacré agit ainsi comme un pont entre des communautés dispersées géographiquement mais unies par la foi et par une même volonté de recréer du lien social.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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