Des discussions entre les États-Unis et l’Iran attendues jeudi autour d’une proposition nucléaire

Publié le 23 février 2026 à 08:16

Une rencontre décisive à Genève peut encore ouvrir la voie à un compromis historique entre Washington et Téhéran, alors que l’option militaire se rapproche et que les lignes rouges sur l’enrichissement d’uranium restent au cœur des tensions.

Par @sahbymehalla

Des négociateurs américains et iraniens devraient se retrouver jeudi à Genève afin d’examiner une proposition détaillée de Téhéran en vue d’un accord sur le nucléaire. Un haut responsable américain a indiqué dimanche matin à Axios que l’administration Trump s’attendait à recevoir ce document d’ici mardi.

L’enjeu est majeur. Selon des responsables américains, cette initiative diplomatique pourrait constituer la dernière chance accordée par Donald Trump à l’Iran avant le lancement d’une opération militaire d’ampleur menée avec Israël, susceptible de viser directement le guide suprême Ali Khamenei.

Sur le plan diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré dans l’émission Face the Nation sur CBS qu’il prévoyait de rencontrer à Genève les envoyés de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. Tous deux ont recommandé au président américain de laisser une opportunité à la voie diplomatique avant toute décision de frappe.

Un responsable américain a confirmé la tenue de cette rencontre, tout en précisant que Washington attendait toujours la proposition écrite iranienne.

Abbas Araghchi a expliqué que le texte était encore en cours de finalisation et qu’il devait être validé par les autorités politiques à Téhéran. Il estime toutefois que le document pourra être discuté à Genève et que les deux parties travailleront à l’élaboration d’un accord « rapide ».

« Si l’Iran remet un projet écrit, les États-Unis sont prêts à se rendre à Genève pour entamer des négociations détaillées afin de voir si un accord nucléaire est possible », a affirmé un haut responsable américain.

Les discussions pourraient également porter sur un accord intérimaire avant la conclusion d’un arrangement global.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a, de son côté, écrit sur X que les derniers échanges avaient envoyé des « signaux encourageants », tout en assurant que l’Iran était prêt à « tous les scénarios possibles ».

Lors du précédent cycle de négociations à Genève mardi dernier, Steve Witkoff et Jared Kushner avaient demandé à Abbas Araghchi de remettre une proposition écrite détaillée dans les jours suivants.

Les émissaires américains ont rappelé que la position de Donald Trump restait celle d’un « zéro enrichissement » d’uranium sur le sol iranien. Ils ont toutefois indiqué que Washington pourrait étudier une proposition prévoyant un enrichissement « symbolique », à condition que Téhéran démontre que toutes les voies menant à l’arme nucléaire sont bloquées.

Dans une interview accordée vendredi à MS Now, Abbas Araghchi a affirmé qu’il terminerait la rédaction du document durant le week-end et le transmettrait aux envoyés américains après validation par la direction politique iranienne.

Sur le plan politique intérieur américain, le sénateur républicain Lindsey Graham a regretté auprès d’Axios que plusieurs proches de Donald Trump l’exhortent à ne pas bombarder l’Iran. Il a appelé le président à ne pas suivre ces recommandations.

« Je comprends les inquiétudes liées aux grandes opérations militaires au Moyen-Orient après les expériences passées. Mais ceux qui déconseillent toute implication semblent ignorer les conséquences de laisser le mal prospérer sans contrôle », a-t-il déclaré.

Des conseillers de la Maison-Blanche estiment que Donald Trump pourrait changer de cap et ordonner une frappe à tout moment, même si, pour l’heure, une partie de son entourage plaide pour la patience.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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