Les tensions énergétiques s’aggravent alors que l’équipe Trump tente d’amortir le choc

Publié le 6 mars 2026 à 18:29

Pétrole en hausse, essence qui flambe et tensions autour du détroit d’Ormuz, l’administration Trump multiplie les mesures d’urgence pour éviter un choc énergétique mondial. Voici pourquoi les marchés pétroliers s’emballent et ce que cela signifie pour l’économie.

Par Sahby Mehalla

Les tensions énergétiques s’aggravent alors que l’équipe Trump tente d’amortir le choc

John Mark Barit / Pexels

 

La pression s’intensifie sur les marchés de l’énergie. Les prix du pétrole et de l’essence ont de nouveau grimpé vendredi, tandis que l’administration de Donald Trump cherche en urgence des solutions pour injecter davantage de barils sur le marché mondial et contenir la flambée des coûts.

La hausse intervient dans un contexte de tensions militaires croissantes au Moyen-Orient. Les navires évitant désormais le détroit d’Ormuz, combinés aux menaces visant les infrastructures énergétiques de la région, provoquent une onde de choc sur les marchés du pétrole et du gaz naturel.

L’économiste Robin Brooks, de la Brookings Institution, estime que l’ampleur potentielle des conséquences pourrait dépasser celle observée lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il affirme que la situation actuelle représente « un ordre de grandeur supérieur » en termes d’impact possible sur les marchés pétroliers.

Sur le marché mondial, le baril de Brent, référence internationale, s’échangeait autour de 89 dollars vendredi matin, soit environ 16 dollars de plus depuis le début des frappes militaires contre l’Iran. Cette hausse ne reflète pourtant pas entièrement l’impact du conflit, les prix ayant déjà commencé à grimper avant les premières attaques en anticipation d’une escalade.

Aux États-Unis, la facture à la pompe augmente également. D’après les données de AAA, le prix moyen national de l’essence ordinaire a progressé de 32 cents par gallon cette semaine, atteignant 3,32 dollars.

La dynamique est particulièrement brutale. L’analyste Kevin Gordon, de Charles Schwab, souligne que le prix moyen de l’essence a bondi de 10,8 % en seulement quatre jours, soit la plus forte hausse depuis la période qui a suivi l’ouragan Katrina en 2005.

Face à cette flambée, l’administration Trump multiplie les mesures pour tenter de calmer les marchés. Interrogé sur Fox & Friends, le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright a déclaré que la baisse des prix pourrait intervenir « en quelques semaines, pas en quelques mois ». Il a reconnu que le marché traverse « une interruption temporaire », estimant que l’objectif stratégique reste d’empêcher l’Iran de perturber durablement les infrastructures énergétiques.

Parallèlement, le département du Trésor américain a annoncé jeudi soir une dérogation de 30 jours aux sanctions, permettant aux raffineries indiennes d’acheter davantage de pétrole russe. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a précisé sur le réseau X que cette mesure à court terme ne devrait pas offrir d’avantage financier significatif à Moscou, puisqu’elle concerne essentiellement du pétrole déjà bloqué en mer.

Certains analystes estiment toutefois que cette décision pourrait indirectement profiter à la Russie en facilitant l’écoulement de ses cargaisons.

Pour les experts d’ING, cités dans une note de marché, ces initiatives pourraient exercer une pression baissière immédiate mais restent insuffisantes pour inverser durablement la tendance. Selon eux, la seule solution capable de stabiliser les prix serait la reprise normale du flux pétrolier à travers le détroit d’Ormuz.

D’autres mesures d’urgence sont également surveillées de près. L’Arabie saoudite a déjà augmenté ses expéditions de pétrole via la mer Rouge, mais les volumes restent largement insuffisants pour compenser la chute des flux transitant par le détroit stratégique d’Ormuz.

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