« Israël ment et l’Iran ne nous menace pas »… un responsable du renseignement nommé par Trump démissionne contre la guerre

Publié le 17 mars 2026 à 17:35

Un haut responsable du renseignement claque la porte et conteste la guerre contre l’Iran. Une crise interne majeure secoue l’administration Trump.

Par Le Manifest

« Israël ment et l’Iran ne nous menace pas »… un responsable du renseignement nommé par Trump démissionne contre la guerre

Photo par Tom Williams/CQ-Roll Call, Inc./Getty Images

 

Un séisme politique frappe Washington,.le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, a annoncé mardi sa démission, invoquant son opposition frontale à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Dans un message adressé au président Donald Trump et publié sur la plateforme X, le responsable affirme ne pas pouvoir « soutenir cette guerre en conscience ».

Dans cette déclaration, Joe Kent va plus loin en contestant le narratif sécuritaire avancé par l’exécutif. Selon lui, « l’Iran ne constituait pas une menace imminente pour notre pays », ajoutant que le conflit aurait été déclenché sous l’effet de « pressions israéliennes et de puissants groupes de lobbying américains ». Une prise de position rare, qui expose au grand jour les fractures internes au sein de l’appareil sécuritaire américain.

Confirmé à son poste en juillet dernier par le Sénat avec 52 voix contre 44, Kent occupait une fonction stratégique, supervisant l’analyse et la prévention des menaces terroristes, ancien militaire des forces spéciales — avec onze déploiements en tant que « Green Beret » — il a également servi au sein de la CIA avant de se lancer en politique, avec deux candidatures infructueuses au Congrès dans l’État de Washington.

Sa démission marque un précédent inédit, il devient le premier haut responsable américain à quitter ses fonctions en protestation contre la guerre en cours depuis le 28 février, un signal fort, qui illustre l’intensité des désaccords au cœur même de l’administration Trump.

Dans le même temps, le Congrès semble consolider la ligne dure de l’exécutif, la Chambre des représentants a rejeté une proposition visant à limiter les pouvoirs du président pour mener des frappes contre l’Iran sans autorisation formelle, s’alignant ainsi sur le Sénat, une décision qui confère à la Maison-Blanche une latitude politique et militaire accrue.

Sur le terrain stratégique, les incertitudes persistent, des experts militaires estiment que les États-Unis ne disposent pas, à eux seuls, des capacités nécessaires pour sécuriser durablement le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial, Téhéran, de son côté, conserve une capacité de nuisance significative grâce à son arsenal naval.

En toile de fond, cette démission relance le débat sur l’influence des lobbies à Washington, notamment celui de l’AIPAC, régulièrement accusé par certains analystes d’exercer un poids structurant dans les décisions de politique étrangère américaine.

À mesure que le conflit s’enlise, cette rupture au sommet du renseignement américain pourrait bien marquer un tournant politique majeur, révélant une administration plus divisée que jamais face à une guerre aux contours encore flous.

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