Après une escalade explosive au Moyen-Orient, Trump tente d’imposer une désescalade sur les infrastructures gazières iraniennes, tout en brandissant une menace militaire massive.
Par Sahby Mehalla
Photo prise par Andrew Harnik / Getty Images
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi qu’Israël ne mènerait plus de nouvelles attaques contre les principales infrastructures gazières iraniennes, marquant une tentative apparente de désescalade après une montée brutale des tensions au Moyen-Orient.
Cette déclaration intervient seulement quelques heures après que le feu vert donné par Washington a permis à Israël de frapper une installation stratégique, une décision qui a constitué une escalade majeure dans le conflit en cours.
L’armée de l’air israélienne a ciblé mercredi une installation de traitement de gaz dans le sud-ouest de l’Iran, le site visé appartient au champ gazier de South Pars, pilier essentiel de l’économie énergétique iranienne.
Il s’agit de la première fois qu’Israël frappe directement des infrastructures gazières iraniennes, un tournant stratégique dans la guerre, des responsables américains et israéliens ont confirmé que l’opération avait été coordonnée avec la Maison-Blanche et validée en amont.
Quelques heures après cette frappe, l’Iran a répliqué en lançant deux attaques de missiles contre la ville industrielle de Ras Laffan au Qatar, une zone clé pour la production de gaz naturel liquéfié, dans un communiqué, QatarEnergy a évoqué des « dégâts importants », sans faire état de victimes à ce stade.
En coulisses, cette escalade a provoqué une réaction immédiate des autorités qataries, selon une source proche du dossier, des responsables de Doha ont contacté l’émissaire américain Steve Witkoff ainsi que des commandants du CENTCOM afin de déterminer si les États-Unis avaient connaissance préalable de l’attaque israélienne.
Face à la montée des tensions, Steve Witkoff a multiplié les appels pour organiser en urgence un échange entre Donald Trump et l’émir du Qatar, dans le but de contenir la crise.
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a affirmé que les forces israéliennes avaient frappé le site iranien « sous le coup de la colère » face à la situation régionale, il a également soutenu que les États-Unis n’avaient « aucune connaissance » de cette attaque spécifique et que le Qatar n’y était « en aucune manière impliqué ».
Cependant, selon des responsables américains et israéliens, ces déclarations sont inexactes, s'ils confirment que le Qatar n’avait pas été informé en amont, ils indiquent en revanche que Donald Trump avait bien connaissance de l’opération, coordonnée avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
D’après des responsables israéliens, l’objectif de cette frappe était de dissuader l’Iran de perturber les flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, axe vital du commerce énergétique mondial.
Donald Trump a par ailleurs accusé Téhéran d’avoir attaqué « injustement » une partie des installations gazières du Qatar, affirmant que l’Iran ignorait l’absence d’implication de Doha dans la frappe israélienne.
Dans un message particulièrement ferme, le président américain a déclaré que « aucune nouvelle attaque israélienne » ne viserait le champ gazier de South Pars, sauf en cas de nouvelle offensive iranienne contre le Qatar.
Il a également brandi une menace directe si l’Iran s’en prend de nouveau aux infrastructures gazières qataries, les États-Unis pourraient « détruire massivement l’ensemble du champ gazier de South Pars », avec une puissance « jamais vue auparavant ».
Tout en affirmant ne pas vouloir compromettre durablement l’avenir de l’Iran, Donald Trump a prévenu qu’il « n’hésiterait pas » à agir si les intérêts énergétiques du Qatar étaient de nouveau ciblés.
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