L’auteur de Game of Thrones affirme que si The Winds of Winter n’est pas achevé de son vivant, A Song of Ice and Fire restera inachevée, à l’image du roman interrompu de Dickens, refusant toute continuation par un autre écrivain.
Par @sahbymehalla
Première berlinoise de « A Knight of the Seven Kingdoms » | picture alliance / Getty Images
Parler franchement du temps long est devenu rare dans l’industrie culturelle. George R. R. Martin fait l’inverse. L’écrivain américain, père de A Song of Ice and Fire, a reconnu que si la mort le devançait avant l’achèvement de The Winds of Winter, la saga n’aurait tout simplement pas de fin. Une position nette, assumée, et lourde de conséquences pour l’un des univers littéraires les plus influents du XXIᵉ siècle.
Selon The Hollywood Reporter, Martin exclut catégoriquement l’idée qu’un autre auteur reprenne le flambeau. L’écrivain assume l’éventualité d’un récit laissé en suspens, quitte à frustrer des millions de lecteurs. « Ce serait comme The Mystery of Edwin Drood », a-t-il résumé, en référence au roman inachevé de Charles Dickens, interrompu par la mort de son auteur en 1870.
Cette déclaration tranche avec les pratiques contemporaines. Dans une industrie où les franchises survivent à leurs créateurs, Martin revendique une vision d’auteur intégral, A Song of Ice and Fire — la saga mère derrière Game of Thrones — doit être conclue par lui, ou ne pas l’être du tout. D’après Winter Is Coming, média spécialisé qui relaie fidèlement ses propos, l’écrivain refuse toute délégation posthume, même sous supervision éditoriale.
Le parallèle avec Dickens n’est pas anodin. The Mystery of Edwin Drood est devenu un objet littéraire à part entière, étudié, disséqué, prolongé par des hypothèses — mais jamais « terminé ». Martin semble accepter ce destin pour son œuvre, préférant l’intégrité artistique à la complétude commerciale. Une posture rare, presque radicale, à l’heure des univers partagés et des continuations sous licence.
Reste une réalité tangible, The Winds of Winter demeure attendu depuis plus d’une décennie. Et derrière la franchise télévisée, c’est bien le cycle romanesque A Song of Ice and Fire qui concentre désormais toutes les attentes. En posant publiquement cette hypothèse — celle d’une saga sans point final — Martin force lecteurs et éditeurs à regarder l’inconfort en face, toute grande œuvre n’est pas forcément destinée à être close.
Perspective d’avenir, loin d’un simple aveu de fatigue, cette prise de position pourrait redéfinir le rapport entre auteurs, ayants droit et franchises. À l’ère de l’IA générative et des suites automatisées, Martin rappelle une vérité simple, presque old school, une œuvre appartient à celui qui l’écrit — jusque dans son silence final.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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