Après la mort d’une femme lors d’une opération d’immigration à Minneapolis, Billie Eilish tacle l’ICE et le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis répond officiellement, défend son agent et rejette toute remise en cause de l’agence fédérale, ravivant le débat sur l’usage de la force et la responsabilité des autorités américaines.
Par @lemanifestmedia
Dimitrios Kambouris/Getty Images
La fracture entre artistes engagés et autorités fédérales américaines s’est brutalement élargie cette semaine. Les propos de Billie Eilish, qui a qualifié les ICE de « groupe terroriste » après la mort par balle d’une femme de 37 ans lors d’une opération d’immigration à Minneapolis. Une accusation frontale à laquelle le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a répondu sans détour.
L’incident s’est produit début janvier dans le Minnesota, lorsqu’un agent de ICE a ouvert le feu lors d’une intervention fédérale. La victime, une citoyenne américaine, est décédée sur place. Très vite, l’affaire a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, alimentée par plusieurs figures de la scène musicale américaine.
Parmi elles, Billie Eilish a relayé sur Instagram des visuels accusant l’ICE d’être un « groupe terroriste financé par l’État fédéral », appelant explicitement à l’abolition de l’agence. Une prise de position virale, suivie par des millions d’abonnés, qui a forcé l’administration à réagir publiquement.
Selon les déclarations transmises à la presse américaine, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) défend fermement l’action de son agent. Sa porte-parole, Tricia McLaughlin, affirme que l’officier aurait agi « en légitime défense », soutenant que la victime aurait tenté d’utiliser son véhicule comme une arme contre les forces fédérales. Le DHS rejette catégoriquement toute comparaison de l’ICE avec une organisation terroriste et qualifie les propos de la chanteuse de « une rhétorique mensongère et irresponsable », une rhétorique jugée dangereuse pour la sécurité des agents sur le terrain, selon l’administration.
Ces déclarations ont été relayées notamment par Billboard, qui cite directement le DHS, et par Stereogum, qui détaille la réponse institutionnelle et le contexte de l’affaire. Le gouvernement fédéral affirme également, sans fournir de données publiques vérifiables à ce stade, que ce type de discours contribuerait à une hausse des agressions contre les forces de l’ordre.
Sur le fond, aucune autorité judiciaire indépendante n’a encore rendu de conclusions définitives sur l’usage de la force dans cette opération. L’enquête suit son cours, tandis que la communication officielle du DHS se concentre sur la défense de l’ICE et la disqualification des critiques venues du monde culturel.
Au-delà de l’incident, l’épisode illustre un phénomène plus large, la politisation croissante des artistes populaires aux États-Unis et la volonté assumée de l’exécutif de leur répondre frontalement. Dans une Amérique polarisée, la musique et la pop culture ne se contentent plus de commenter l’actualité ; elles deviennent des acteurs à part entière du débat public, quitte à provoquer des ripostes inédites de l’appareil d’État.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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