X Corp poursuit Operation Bluebird dans une bataille juridique à hauts enjeux autour de la marque emblématique Twitter

Publié le 17 décembre 2025 à 16:27

X Corp, la société d’Elon Musk, a engagé une action en justice contre la start-up Operation Bluebird, accusée de vouloir s’approprier le nom et le logo historiques de Twitter. Un bras de fer juridique stratégique autour d’une marque iconique de l’économie numérique.

Par @sahbymehalla

X Corp poursuit Operation Bluebird dans une bataille juridique à hauts enjeux autour de la marque emblématique Twitter

Credit: Getty Images | AA

 

Dans ce qui pourrait devenir l’un des procès de propriété intellectuelle les plus suivis de la tech en 2026, X Corp., la société d’Elon Musk, a annoncé mardi avoir intenté une action en justice contre la start-up américaine Operation Bluebird, qui cherche à reprendre légalement le nom, les marques et l’identité visuelle historiques de Twitter

La plainte, déposée devant la cour fédérale du Delaware, accuse Operation Bluebird de violation de droits de marquetrademark infringement ») en tentant de « voler » le nom « Twitter » et d’exploiter l’aura mondiale de la marque pour son propre compte. 

L’incendie juridique a été allumé le 2 décembre 2025, lorsque Operation Bluebird, une jeune entreprise basée en Virginie, a sollicité l’Office américain des brevets et des marques (USPTO) pour demander l’annulation des marques fédérales détenues par X pour les termes Twitter, Tweet et le célèbre oiseau bleu. 

Dans sa requête, l’équipe de Bluebird — dirigée par Stephen Coates, ancien avocat en propriété intellectuelle de Twitter — soutient que X aurait « abandonné » ces marques, notamment parce que l’application a été rebaptisée « X » il y a plus de trois ans et que le logo historique a été retiré de tous les produits et supports. 

Operation Bluebird ne se contente pas de contester juridiquement la propriété des marques, la start-up a déjà lancé un prototype de plateforme nommé twitter.new et invité des utilisateurs à réserver leurs identifiants, recueillant plus de 146 000 demandes de noms de profil en quelques jours

Dans les documents déposés au tribunal, X rejette catégoriquement l’argument d’abandon. Selon la plainte, le simple fait d’avoir changé le nom et le logo n’équivaut pas à renoncer légalement aux droits de marque. 

X souligne que des millions d’internautes continuent d’accéder à la plateforme via twitter.com, que les utilisateurs et entreprises parlent toujours de tweets ou de Twitter, et que la marque demeure mondialement reconnue. « Twitter est l’une des marques les plus reconnues au monde, et elle appartient à X Corp. », stipule la plainte. 

L’entreprise demande au tribunal d’ordonner à Operation Bluebird de cesser toute utilisation de marques liées à Twitter, de rejeter sa requête auprès de l’USPTO, et de payer des dommages-intérêts non précisés ainsi que les frais de justice encourus par X. 

Concomitamment à sa plainte, X a modifié ses Conditions d’utilisation, intégrant désormais une clause explicite selon laquelle rien dans le contrat ne confère aux utilisateurs le droit d’utiliser les marques, logos, noms de domaine ou autres signes distinctifs de X ou de Twitter sans consentement écrit. Cette mise à jour, qui prendra effet le 15 janvier 2026, révèle l’intention de l’entreprise de verrouiller définitivement ses droits même après le rebranding. 

 

Ce duel judiciaire dépasse la simple querelle de noms :

 

Marque historique vs. réinvention : Twitter a été pendant plus d’une décennie l’une des marques tech les plus puissantes au monde. Sa transformation en X a redéfini non seulement une identité, mais un actif juridique.

Valeur commerciale massive : Posséder le nom Twitter équivaut à hériter d’une reconnaissance mondiale immédiate, ce qui explique l’intérêt stratégique d’une start-up pour le récupérer.

Précédent juridique majeur : Si Operation Bluebird parvenait à prouver un abandon effectif, cela pourrait créer un précédent en matière de droit des marques numériques dans un contexte de rebranding radical.

 

Pour les analystes du secteur, la clé de cette affaire pourrait bien se jouer sur l’interprétation d’un principe fondamental, un rebranding suffit-t-il à abandonner une marque ? La réponse juridique pourrait façonner la manière dont les grandes plateformes gèrent leur propriété intellectuelle à l’ère digitale.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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