Poutine menace l’Union européenne après le feu vert à un prêt pour l’Ukraine financé par les avoirs russes gelés

Publié le 28 novembre 2025 à 11:42

Vladimir Poutine a fustigé la décision européenne d’utiliser les intérêts des avoirs russes gelés pour financer un nouveau prêt à l’Ukraine, qualifiant cette mesure de « vol ». Le Kremlin promet désormais des représailles économiques et diplomatiques, tandis que Bruxelles défend une initiative « juste et nécessaire » pour soutenir Kyiv, malgré les risques juridiques et les tensions sur les marchés internationaux.

Par @lemanifestmedia

Poutine menace l’Union européenne après le feu vert à un prêt pour l’Ukraine financé par les avoirs russes gelés

miss.cabul / Shutterstock

 

Moscou, tensions en hausse, Vladimir Poutine a vivement réagi au projet de l’Union européenne visant à financer un nouveau prêt pour l’Ukraine à l’aide des intérêts générés par les avoirs russes gelés. Le président russe dénonce une décision « illégale » et promet des représailles économiques, diplomatiques et juridiques. Cette escalade survient alors que les Vingt-Sept viennent d’acter un mécanisme de soutien financier à Kyiv d’une ampleur inédite.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont validé le principe d’utiliser les profits – estimés à environ 3 milliards d’euros annuels – générés par les actifs russes gelés dans l’UE depuis la guerre de l’Ukraine en février 2022. Ces fonds, principalement logés chez l’institution belge Euroclear, serviront à garantir un nouveau prêt destiné à soutenir la reconstruction ukrainienne et son effort de guerre.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défendu cette initiative comme une réponse « juste et proportionnée » à l’agression russe, ajoutant que « Moscou devra assumer les conséquences de ses actes ». Un discours applaudi à Kyiv, mais perçu comme une provocation majeure par le Kremlin.

Vladimir Poutine n’a pas tardé à réagir. Lors d’un discours télévisé diffusé depuis Moscou, le chef du Kremlin a accusé l’UE de « vol pur et simple ». Il a promis des « contre-mesures fermes » si le plan est mis en œuvre, évoquant des représailles économiques ciblées contre les entreprises européennes en Russie et un durcissement de la coopération énergétique.

« Ceux qui pillent les biens russes ne doivent pas s’attendre à l’impunité. L’Europe sape elle-même la confiance dans son système financier », a martelé Poutine.

La réaction russe, bien que prévisible, provoque des remous. L’institution Euroclear, concernée en premier lieu, a prévenu que cette décision pourrait avoir un impact sur sa stabilité à long terme et entacher la réputation de la zone euro auprès des investisseurs internationaux.

En interne, certains États membres comme la Hongrie et la Slovaquie avaient exprimé des réserves. Le Premier ministre belge, Alexander De Croo, dont le pays héberge les avoirs russes concernés, a lui-même reconnu que cette décision comportait « un risque juridique et diplomatique important », appelant à la prudence.

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de guerre prolongée en Ukraine, alors que les soutiens occidentaux à Kyiv tentent de maintenir leur cap malgré la lassitude de certains électeurs et les tensions budgétaires. L’utilisation des fonds russes gelés est perçue par plusieurs analystes comme un tournant dans la stratégie européenne, mêlant sanctions économiques et engagement politique direct.

Pour le Kremlin, ce signal est double, il confirme la détermination européenne à ne pas fléchir, mais il ouvre aussi la voie à un nouveau cycle de confrontations, au-delà du champ militaire. La guerre financière est bel et bien engagée.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.