Ottawa et Pékin annoncent un accord commercial visant à réduire les droits de douane sur les véhicules électriques et le canola. Cette avancée marque la première visite d’un Premier ministre canadien en Chine depuis 2017 et illustre la stratégie de diversification du Canada face aux tensions commerciales avec les États-Unis.
Par @sahbymehalla
Le Premier ministre canadien Mark Carney, à gauche, serre la main du président chinois Xi Jinping au début d’une réunion à Gyeongju, en Corée du Sud, le 31 octobre 2025. Photo : Adrian Wyld / La Presse canadienne via AP.
Le Canada et la Chine ont annoncé la conclusion d’accords commerciaux visant à réduire significativement les droits de douane sur les véhicules électriques (EV) et le canola, marquant un tournant dans des relations bilatérales longtemps refroidies. Cette annonce intervient à l’occasion de la visite officielle du Premier ministre canadien Mark Carney à Pékin — la première d’un chef de gouvernement canadien en Chine depuis 2017 — et s’inscrit dans une stratégie assumée de diversification des débouchés commerciaux face aux pressions tarifaires américaines.
Ottawa et Pékin se sont entendus sur une baisse substantielle des barrières tarifaires frappant le canola canadien, un produit stratégique pour l’Ouest du pays, tandis que le Canada consent à un allègement encadré de ses droits de douane sur certains véhicules électriques chinois, jusqu’ici frappés par des taxes punitives. L’agence souligne que Mark Carney cherche ainsi à « rebâtir des ponts économiques avec la Chine tout en réduisant la dépendance du Canada au marché américain », dans un contexte de durcissement commercial à Washington.
L’accord prévoit notamment que Pékin abaisse fortement ses tarifs sur le canola canadien — qui avaient dépassé 80 % lors des précédents conflits commerciaux — tandis qu’Ottawa ouvre de manière limitée son marché aux EV chinois à des taux préférentiels. Ces concessions croisées sont présentées par les deux capitales comme « pragmatiques » et destinées à relancer des échanges bilatéraux mis à mal par des années de tensions diplomatiques.
Pour le gouvernement canadien, l’enjeu est clair, sécuriser de nouveaux marchés pour ses exportations agricoles et industrielles alors que les États-Unis multiplient les mesures protectionnistes. Dans un communiqué officiel, le bureau du Premier ministre explique que ces accords s’inscrivent dans une « nouvelle phase de dialogue économique pragmatique » avec la Chine, sans renoncer aux positions canadiennes sur les dossiers sensibles.
La visite de Mark Carney à Pékin, saluée comme « un signal politique fort », intervient dans un climat international marqué par la fragmentation des échanges et la rivalité sino-américaine. Pour Ottawa, l’objectif est de diversifier les chaînes de valeur sans basculer dans une dépendance excessive, un exercice d’équilibriste assumé par le Premier ministre canadien.
Cet accord ne signe pas une normalisation totale des relations entre le Canada et la Chine, mais il illustre une approche résolument pragmatique, réduire les frictions commerciales là où les intérêts convergent, dans un monde où le libre-échange version années 2000 appartient désormais au passé. Pour Ottawa, le message est limpide, sécuriser l’économie nationale passe désormais par une diplomatie commerciale plus agile — et moins mono-dépendante.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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