Donald Trump brandit l’arme des droits de douane contre les pays qui rejettent ses ambitions sur le Groenland, au moment où la Cour suprême américaine doit se prononcer sur la légalité de certaines de ses politiques tarifaires, ravivant tensions diplomatiques et incertitudes juridiques.
Par @sahbymehalla
Donald Trump durcit le ton. Le président américain a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs pays européens qui s’opposent ouvertement à ses ambitions autour du Groenland, une déclaration qui relance à la fois les tensions transatlantiques et le débat juridique sur l’étendue de ses pouvoirs commerciaux, alors même que la Cour suprême des États-Unis est saisie de la légalité de certaines de ses politiques tarifaires.
Donald Trump a averti que des tarifs punitifs pouvant atteindre 10 %, puis 25 % à moyen terme, pourraient viser des pays européens considérés comme hostiles à une prise de contrôle américaine du Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark et zone stratégique clé de l’Arctique. Le président a explicitement lié ces menaces commerciales à l’opposition diplomatique exprimée par plusieurs capitales européennes, qualifiant leur position de « frein aux intérêts stratégiques des États-Unis ».
Cette sortie intervient dans un contexte juridique sensible à Washington. L’administration Trump attend une décision majeure de la Cour suprême concernant la légalité de certains tarifs déjà imposés, fondés sur des pouvoirs d’urgence économique. Plusieurs recours soutiennent que l’exécutif a outrepassé son autorité en utilisant ces leviers sans validation explicite du Congrès, une question qui pourrait redéfinir durablement l’équilibre des pouvoirs en matière de politique commerciale.
Le Groenland, riche en ressources minières et situé sur des routes maritimes de plus en plus convoitées avec la fonte des glaces, est devenu un symbole de la nouvelle rivalité géopolitique dans l’Arctique. Des responsables européens ont rappelé que le territoire n’était « pas à vendre » et ont dénoncé des méthodes assimilées à une forme de pression économique.
En arrière-plan, la bataille juridique à Washington pourrait limiter – ou au contraire consolider – la capacité de la Maison-Blanche à transformer ces menaces en actes. La décision attendue de la Supreme Court of the United States est scrutée par les marchés et les alliés des États-Unis, un feu vert judiciaire renforcerait l’usage offensif des tarifs comme outil diplomatique ; un revers affaiblirait considérablement la stratégie de coercition commerciale de Trump.
À court terme, l’annonce a déjà ravivé l’incertitude sur les relations commerciales transatlantiques. À plus long terme, elle pose une question centrale, jusqu’où un président américain peut-il aller, seul, pour redessiner la carte économique et stratégique mondiale ?
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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