Face aux pressions américaines liées au dossier groenlandais, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’appuie sur le soutien européen et affirme que l’enjeu dépasse désormais les frontières du Danemark, révélant une nouvelle ligne de tension géopolitique en Arctique.
Par @sahbymehalla
« Nous ne sommes pas ceux qui cherchent le conflit », a déclaré Mette Frederiksen. « Dans le même temps, il est désormais encore plus clair qu’il s’agit d’un enjeu qui dépasse largement nos propres frontières », a-t-elle ajouté. Photo : Kristian Tuxen Ladegaard Berg / NurPhoto via Getty Images.
Le message est clair, frontal, et volontairement politique. « L’Europe ne sera pas victime de chantage ». Par cette formule, Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, a voulu envoyer un signal sans ambiguïté à Washington, alors que les tensions s’intensifient autour du Groenland, territoire stratégique de l’Arctique.
S’exprimant à la suite de menaces de représailles commerciales américaines liées au soutien européen à Copenhague, la cheffe du gouvernement danois a souligné que « le soutien de nos partenaires européens est désormais clair » et que « cette question dépasse largement les frontières du Royaume du Danemark ».
Au cœur du différend, la place du Groenland dans les équilibres géopolitiques mondiaux. Région clé pour les routes arctiques, les ressources minières et les enjeux militaires, l’île suscite depuis plusieurs années l’intérêt stratégique des États-Unis. Les nouvelles tensions sont apparues après des menaces de tarifs douaniers brandies par l’administration américaine contre plusieurs pays européens, en réaction à leur position commune sur le dossier groenlandais.
Mette Frederiksen a insisté sur le fait que les messages envoyés par les capitales européennes étaient « cohérents et solidaires », ajoutant que « l’Europe ne cédera pas à la pression » dans un contexte qu’elle qualifie désormais de continental, et non plus strictement bilatéral.
Cette fermeté s’inscrit dans une dynamique plus large de coordination européenne face aux pressions extérieures. Plusieurs gouvernements européens ont exprimé leur soutien à Copenhague, estimant que les menaces économiques liées au Groenland constituaient un précédent dangereux pour la souveraineté et la stabilité régionale.
Pour le Danemark, l’enjeu est double, défendre l’intégrité du Royaume et affirmer que les décisions concernant le Groenland ne peuvent être dictées par des rapports de force commerciaux. Pour l’Union européenne, il s’agit aussi d’un test de crédibilité stratégique, dans un Arctique de plus en plus disputé.
Derrière la rhétorique diplomatique, le message est limpide, le Groenland n’est plus un dossier périphérique. Il devient un marqueur des nouvelles lignes de fracture géopolitiques entre alliés historiques. En affirmant que « l’Europe ne sera pas blackmailée », Mette Frederiksen cherche à verrouiller un principe, la solidarité européenne face aux pressions, aujourd’hui sur l’Arctique, demain sur d’autres théâtres stratégiques.
Un avertissement poli, mais ferme. Et surtout, un signal que Copenhague n’entend plus affronter seule un dossier qui redessine déjà l’équilibre du Nord.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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