Après la fuite d’un enregistrement sur un accord commercial Inde–États-Unis, des entrepreneurs indo-américains accusent JD Vance d’« auto-sabotage » et rejettent son image d’« ami de l’Inde », pointant des calculs politiques internes révélés par des propos attribués au sénateur Ted Cruz.
Par @sahbymehalla
Le vice-président JD Vance quitte les lieux après avoir pris la parole lors de la Congressional Cities Conference de la National League of Cities, le lundi 10 mars 2025, à Washington. Photo : AP Photo/Mark Schiefelbein.
Dans un contexte déjà tendu des négociations commerciales entre les États-Unis et l’Inde, un enregistrement audio fuitée a attisé non seulement les divisions politiques à Washington, mais aussi une réaction vive au sein de la diaspora indo-américaine. Des entrepreneurs indo-américains ont publiquement rejeté le vice-président américain JD Vance comme « ami de l’Inde », qualifiant sa position « d'auto-sabotage » pour des raisons politiques internes.
Selon Axios, qui dit avoir obtenu des enregistrements réalisés lors de réunions privées avec des donateurs, le sénateur républicain Ted Cruz y décrit les blocages autour d’un accord commercial Inde–États-Unis et cite le vice-président J.D. Vance, le conseiller Peter Navarro et “parfois” Donald Trump comme des freins aux négociations.
L’audio semble refléter des tensions profondes à l’intérieur de l’administration américaine. Cruz, lui-même figure influente du Parti républicain, a affirmé qu’il « se battait » au sein de la Maison-Blanche pour faire avancer un accord avec New Delhi, et a pointé du doigt ce qu’il considère comme des obstacles internes à la conclusion d’un pacte économique bilatéral.
Pour des entrepreneurs de la communauté indo-américaine — l’une des plus prospères et dynamiques des États-Unis — cette révélation a été perçue comme une trahison politique et économique. Nombre d’entre eux ont pris pour acquis que JD Vance, marié à une femme d’origine indienne, Usha Vance, était un interlocuteur naturel et un partenaire favorable aux intérêts économiques de l’Inde et de la diaspora.
« On peut comprendre une certaine opposition à l’accord commercial, mais ce que fait Vance n’a d’explication que dans le besoin d’apaiser les factions nationalistes internes... » a déclaré Ram Prasad un entrepreneur indo-américain sur X, évoquant une stratégie qui aliène une communauté réputée fiable et influente politiquement.
Cette controverse survient alors que les négociations commerciales Inde-États-Unis ont connu des hauts et des bas, notamment après l’imposition par Washington de tarifs additionnels de 25 % sur les produits indiens, qui ont ensuite été portés à 50 % du fait des tensions sur l’énergie et le commerce avec la Russie. Des responsables américains ont récemment laissé entendre qu’un retrait possible d’une partie de ces surtaxes pourrait être envisagé, mais la situation reste incertaine.
Sur le plan politique interne, l’audio fuite expose également des fractures au sein du Parti républicain, traditionnellement plus favorable au libre-échange, mais aujourd’hui partagée entre factions protectionnistes et défenseurs d’accords internationaux.
Pour la communauté indo-américaine, qui représente un pont socio-économique significatif entre les deux pays, la perception d’un revirement de JD Vance — considéré jusqu’ici comme un allié potentiel — pose désormais un dilemme politique et économique quant à la confiance à accorder à l’administration américaine sur les questions commerciales bilatérales.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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