Donald Trump exclut le Canada du « Board of Peace », nouvelle fracture diplomatique à Davos

Publié le 23 janvier 2026 à 15:59

À peine lancé à Davos, le « Board of Peace » voulu par Donald Trump se retrouve au cœur d’une tempête diplomatique. Le président américain a annoncé le retrait de l’invitation adressée au Canada, sur fond de tensions politiques et de divergences stratégiques assumées.

Par @lemanifestmedia

Donald Trump exclut le Canada du « Board of Peace », nouvelle fracture diplomatique à Davos

(image :) Donald Trump affirme que son « Board of Peace » pourrait rivaliser avec l’ONU.

 

Le président américain Donald Trump a confirmé cette semaine que le Canada ne ferait finalement pas partie du Board of Peace, une nouvelle structure internationale dévoilée en marge du World Economic Forum de Davos. L’annonce a été faite directement par Trump via sa plateforme Truth Social, quelques heures seulement après la présentation officielle de l’initiative, marquant un revirement aussi rapide que politique.

Présenté par la Maison-Blanche comme un organe destiné à « favoriser la stabilité et la paix durable », le Board of Peace devait réunir un cercle restreint d’États triés sur le volet, capables d’apporter un soutien politique et financier massif à des zones de crise, notamment au Moyen-Orient. Le projet prévoit une contribution financière élevée pour les membres permanents, un modèle qui a immédiatement suscité interrogations et prudence parmi les alliés traditionnels de Washington.

Le Canada figurait initialement parmi les pays invités. Mais l’exclusion d’Ottawa intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu. La décision fait suite à des déclarations critiques prononcées par le Premier ministre canadien lors du forum de Davos, dans lesquelles il a défendu le multilatéralisme et dénoncé l’usage de la pression économique comme outil diplomatique — des propos largement perçus comme une mise à distance de la ligne américaine actuelle.

Trump n’a pas cherché à temporiser. Sur Truth Social, il a affirmé que le Board of Peace « n’a pas vocation à accueillir des partenaires qui ne partagent pas pleinement sa vision », ajoutant que l’invitation adressée au Canada était désormais « retirée ». Cette déclaration a surpris plusieurs délégations présentes à Davos, tant par son ton que par son timing.

À Ottawa, la réaction est restée mesurée. Des responsables canadiens cités par AP News indiquent que le Canada « continue de privilégier les cadres multilatéraux existants » et ne considère pas cette exclusion comme une rupture stratégique, tout en reconnaissant que l’épisode illustre une divergence croissante avec Washington sur la gouvernance internationale.

Au-delà du cas canadien, plusieurs capitales européennes observent le Board of Peace avec prudence. Certains alliés historiques des États-Unis n’ont pas encore confirmé leur participation, préférant attendre des clarifications sur le mandat réel de l’organisation et son articulation avec des institutions comme l’ONU. En coulisses, des diplomates redoutent une initiative parallèle susceptible de fragmenter davantage l’architecture internationale existante.

Cet épisode, très politique, confirme une chose, la diplomatie version Trump avance vite, tranche net et assume la confrontation. Le message est clair, presque brutal, mais cohérent avec la stratégie affichée. Le Board of Peace se veut un outil d’influence directe. Quitte à laisser des partenaires de longue date sur le bord du chemin.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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