Donald Trump a menacé d’engager des poursuites judiciaires contre l’animateur des Grammy Awards, Trevor Noah, après une plaisanterie faisant référence à Jeffrey Epstein. Le président américain dénonce une déclaration « fausse et diffamatoire », ravivant le débat sur les limites de la satire politique et la liberté d’expression aux États-Unis.
Par @sahbymehalla
Saul Loeb — Getty Images
Dans une réaction médiatique intense ce lundi matin, le président des États-Unis, Donald J. Trump, a menacé d’engager une action judiciaire contre l’animateur de la cérémonie des 68ᵉ Grammy Awards, Trevor Noah, après une plaisanterie qui a fait polémique sur sa prétendue relation avec Jeffrey Epstein, le financier accusé de trafic sexuel de mineures.
Alors que des millions de téléspectateurs suivaient la soirée musicale dimanche soir à Los Angeles, Trevor Noah — qui présentait la cérémonie pour la sixième et dernière fois — a déclenché une vive réaction avec une blague visant à la fois Trump et son prédécesseur Bill Clinton. En annonçant le prix de « Chanson de l’Année », Noah a déclaré : « C’est un Grammy que chaque artiste veut — presque autant que Trump veut le Groenland… ce qui est logique, car l’île d’Epstein n’est plus, alors il lui faut une nouvelle pour traîner avec Bill Clinton. »
Ce trait d’humour, qui fait référence au scandale Epstein et à la pléthore de documents judiciaires récemment rendus publics, a immédiatement suscité la colère du président. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social lundi matin, Trump a qualifié la remarque de « fausse et diffamatoire », niant catégoriquement toute présence sur l’île d’Epstein ou implication dans les crimes qui y ont été commis.
« Noah a dit, À TORT à mon sujet, que Donald Trump et Bill Clinton ont passé du temps sur l’île d’Epstein. FAUX !!! Je ne peux pas parler pour Bill, mais je ne suis jamais allé sur l’île d’Epstein, ni même quelque part à proximité… jusqu’à cette fausse déclaration, personne ne m’a jamais accusé de cela, même pas par les Fake News Media », a écrit Trump.
Dans son message, Trump a ajouté : « Je vais envoyer mes avocats pour poursuivre ce pauvre maître de cérémonie pathétique, sans talent, et demander beaucoup d’argent. Prépare-toi, Noah, je vais bien m’amuser avec toi ! ».
Au-delà de la menace de poursuites, le président a critiqué toute la cérémonie, qu’il a qualifiée de « virtually unwatchable » (pratiquement inregardable), et n’a pas ménagé Noah, le comparant à d’autres animateurs comme Jimmy Kimmel dans ses attaques précédentes contre les médias et personnalités du divertissement.
Les commentaires de Noah faisaient écho à une atmosphère déjà tendue autour du dossier Epstein, après que des millions de fichiers judiciaires ont été rendus publics par le ministère de la Justice, incluant des dizaines de noms de personnalités mentionnés dans divers contextes — bien que Trump et Clinton n’aient pas été accusés de crimes liés à ces documents.
L’incident met en lumière la fragilité des frontières entre satire, liberté d’expression et contentieux juridique, en particulier lorsque des personnalités politiques exprimées dans des cadres artistiques deviennent l’objet de commentaires critiques ou humoristiques. Il soulève également la question de la stratégie politique de la Maison-Blanche à l’approche de la campagne électorale, où la communication et la défense de l’image publique sont essentielles.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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