Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière Mette-Marit, a plaidé non coupable pour viol, mais reconnu des délits mineurs. Face à 38 charges, ce procès à haute portée symbolique interroge l'indépendance de la justice norvégienne.
Par @lemanifestmedia
Le procès de Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, s’est ouvert cette semaine à Oslo dans un climat de forte attention médiatique. Âgé de 29 ans, l’homme a plaidé non coupable aux accusations de viol portées contre lui, au moment où la justice norvégienne entame l’examen d’un dossier tentaculaire mêlant violences sexuelles, agressions et infractions connexes.
Marius Borg Høiby fait face à un total de 38 chefs d’accusation, dont quatre pour viol – un pour viol avec rapport sexuel et trois pour viol sans pénétration, certains de ces actes ayant, selon l’accusation, été filmés avec son téléphone. L’accusé a rejeté l’ensemble des charges les plus graves à l’ouverture de l’audience, mardi, mais a reconnu plusieurs infractions. Il a ainsi plaidé coupable pour un chef de « comportement sexuel offensant », d’excès de vitesse et de conduite sans permis valide. Il s’est également déclaré partiellement coupable – un type d’aveu permis par la loi norvégienne – de coups et blessures aggravés et de comportement téméraire. À la barre, son corps était parfois agité de tremblements et ses mains restaient étroitement jointes.
D’après les documents judiciaires et les déclarations de la défense, Høiby nie fermement les accusations de viol et de violences domestiques. L’affaire pourrait exposer l’accusé à une lourde peine de prison si les chefs les plus sérieux étaient retenus par la cour.
Le dossier s’est alourdi à plusieurs reprises. Dès 2024, la police l’avait identifié comme suspect dans une affaire de violences physiques sur une ancienne compagne. Høiby avait alors admis, dans une déclaration aux médias, avoir causé des blessures à cette femme sous l’emprise de cocaïne et d’alcool, et avoir dégradé son appartement, exprimant ses regrets. Inculpé une première fois en 2025, il a vu de nouvelles charges s’ajouter en janvier 2026, notamment pour la possession et le transport d’environ 3,5 kg de marijuana. Dimanche, à la veille du procès, il a une nouvelle fois été placé en garde à vue sur soupçons de violences corporelles, de brandissement d’un couteau et de violation d’une ordonnance restrictive.
Le procès se déroule devant le tribunal de district d’Oslo, sous des mesures de sécurité renforcées, tant l’affaire touche au cercle le plus proche de la monarchie norvégienne déjà éprouvée. Marius Borg Høiby ne détient aucun titre royal officiel, bien que son lien familial avec la couronne norvégienne confère à l’affaire une portée symbolique et médiatique particulière.
Au-delà du fait divers, ce procès interroge la capacité des institutions norvégiennes à traiter, sans privilège ni pression, une affaire impliquant indirectement la famille royale. La justice devra désormais trancher sur la base des témoignages, des expertises et des éléments matériels versés au dossier. Le verdict, attendu dans les prochains mois, sera scruté bien au-delà des frontières de la Norvège, comme un test de transparence et d’indépendance judiciaire dans une monarchie réputée pour sa rigueur démocratique.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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