La Chine ordonne à ses banques de réduire leurs avoirs en bons du Trésor américain, signal fort pour les marchés

Publié le 10 février 2026 à 20:24

Pékin a ordonné à ses grandes banques publiques de limiter leurs achats et de réduire leurs avoirs en dette américaine, invoquant la volatilité des marchés et les risques de concentration. Un signal stratégique scruté de près par les marchés financiers mondiaux.

Par @sahbymehalla

La Chine ordonne à ses banques de réduire leurs avoirs en bons du Trésor américain, signal fort pour les marchés

Les autorités financières chinoises ont donné instruction à plusieurs grandes banques commerciales de réduire leurs positions en bons du Trésor américain, dans un mouvement présenté comme une mesure de prudence face à la volatilité des marchés obligataires et aux risques de concentration plutôt qu’un rejet direct des actifs souverains américains, rapportent des sources financières proches du dossier. 

D’après les informations révélées lundi 9 février via Bloomberg, les régulateurs, dont la Banque populaire de Chine et l’Administration nationale de régulation financière, ont explicitement conseillé aux banques de limiter les nouveaux achats de titres du Trésor américain et de réduire progressivement leurs expositions existantes lorsque celles-ci sont jugées trop élevées. L’objectif affiché serait de diversifier les risques de marché et d’atténuer l’impact d’éventuelles fluctuations sévères des rendements obligataires, sans toucher aux avoirs officiels détenus par l’État chinois

Sur les marchés financiers, cette annonce a été prise au sérieux mais sans panique immédiate, les taux des bons du Trésor à 10 ans ont légèrement évolué, et le marché obligataire américain conserve une trajectoire proche de ses niveaux récents malgré l’annonce.

La Chine demeure l’un des plus grands détenteurs étrangers de titres du Trésor américain, même si ses encours ont diminué ces dernières années par rapport à leurs sommets historiques. Cette orientation fait partie d’une dynamique de diversification des réserves de change, avec une réduction relative de l’exposition aux actifs en dollars, incluant les bons du Trésor, et une montée en puissance d’autres instruments financiers et métaux précieux selon certains observateurs du marché. 

Les autorités chinoises qualifient ce réajustement de portefeuille de gestion du risque prudentielle, soulignant que cette démarche vise à protéger le secteur bancaire contre des retournements trop brusques du marché obligataire américain plutôt qu’à signifier une crise de confiance dans la solvabilité de Washington.

Cette recommandation intervient quelques semaines avant une visite prévue du président américain à Pékin, où les relations économiques restent au cœur des discussions bilatérales. Certaines sources évoquent que les préoccupations autour de la politique budgétaire américaine, du niveau d’endettement élevé et de la volatilité des taux pourraient avoir alimenté cette décision de gestion des risques.

Pour l’instant, les marchés restent relativement stables, parant les interprétations les plus alarmistes, tout en gardant un œil sur l’évolution des flux de capitaux et des taux d’intérêt souverains. L’impact à plus long terme dépendra de l’ampleur réelle des ajustements effectués par les banques chinoises et de la manière dont d’autres investisseurs internationaux réagiront à cette dynamique.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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