La Haute Cour inflige un revers majeur au gouvernement britannique en jugeant illégale la classification de Palestine Action comme organisation terroriste, une décision explosive qui relance le débat sur les libertés publiques et l’usage des lois antiterroristes.
Par @sahbymehalla
Des partisans de Palestine Action manifestent devant la Royal Courts of Justice à Londres, vendredi 13 février 2026. (Photo AP News / Kin Cheung)
La Haute Cour de Londres a jugé illégale la décision du gouvernement britannique de classer le mouvement de protestation Palestine Action comme organisation terroriste, dans une affaire à forte portée politique et juridique qui relance le débat sur l’usage des lois antiterroristes contre les groupes militants. Saisie par Huda Ammori, cofondatrice du collectif, la juridiction a estimé que la proscription décidée par le ministère de l’Intérieur ne respectait pas les critères de proportionnalité exigés par le droit britannique et portait atteinte aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de réunion.
Selon les juges, les actions menées par le groupe, relevaient du droit pénal classique et ne justifiaient pas l’application de la législation antiterroriste. La cour a également pointé des incohérences dans l’évaluation du gouvernement et le non-respect de ses propres critères internes pour une telle désignation, un argument central développé par la défense d’Ammori.
La décision constitue un revers symbolique pour l’exécutif, qui avait justifié l’interdiction après une action spectaculaire contre la base aérienne de RAF Brize Norton dans le contexte de la guerre à Gaza. Depuis la proscription, des milliers de personnes avaient été arrêtées pour soutien présumé au mouvement et des centaines inculpées, illustrant l’ampleur de l’impact de la mesure sur le terrain judiciaire et militant.
Le gouvernement a rapidement annoncé son intention de faire appel, ce qui signifie que l’interdiction reste provisoirement en vigueur dans l’attente d’une nouvelle audience. le ministère de l’Intérieur s’est dit « déçu » par le jugement, tandis que les organisations de défense des libertés civiles saluent une décision majeure pour la protection du droit de protester au Royaume-Uni.
Au-delà du cas Palestine Action, le verdict pourrait créer un précédent juridique déterminant en limitant le recours extensif aux lois antiterroristes contre des mouvements d’action directe. Il pose une question stratégique pour les autorités britanniques, contraintes de trouver un équilibre entre sécurité nationale et respect des droits fondamentaux dans un climat politique marqué par la polarisation autour du conflit israélo-palestinien.
Dans un pays où la qualification de terrorisme entraîne des conséquences pénales immédiates pour toute forme de soutien, la décision de la Haute Cour redéfinit les frontières entre activisme radical, désobéissance civile et menace sécuritaire, et ouvre une séquence judiciaire et politique qui pourrait s’étendre bien au-delà de cette affaire.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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