Détroit d’Ormuz verrouillé par l’Iran, les États-Unis avancent leurs forces et relancent les négociations

Publié le 17 février 2026 à 14:03

Missiles iraniens, porte-avions américains et diplomatie indirecte à Genève, le face-à-face entre Téhéran et Washington fait trembler la route du pétrole mondial. Un équilibre explosif aux enjeux planétaires.

Par @lemanifestmedia

Sur cette photo diffusée par le ministère iranien des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, à droite, et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi, à gauche, tiennent une réunion à Genève, en Suisse, lundi 16 février 2026. Photo : Ministère iranien des Affaires étrangères.

 

Les États-Unis et l’Iran ont entamé mardi un deuxième cycle de discussions sur le programme nucléaire iranien dans un climat de tension militaire croissante, Téhéran ayant annoncé la fermeture pour plusieurs heures du détroit d’Ormuz afin d’y mener des exercices à tirs réels, tandis que Washington renforce sa présence navale dans la région.

Selon les médias iraniens, des missiles ont été tirés vers cette voie maritime stratégique au moment même où s’ouvraient les négociations. Les autorités évoquent des raisons de « sécurité maritime ». C’est la première fois que l’Iran ferme partiellement ce passage essentiel au commerce mondial — par lequel transite environ 20 % du pétrole consommé sur la planète — depuis que les États-Unis ont multiplié les menaces d’action militaire contre la République islamique.

L’agence Tasnim, affirme que des missiles lancés depuis le territoire iranien et le littoral ont atteint leurs cibles dans le détroit. Téhéran avait déjà conduit des manœuvres similaires ces dernières semaines, sans toutefois annoncer de fermeture.

La télévision d’État iranienne précise que les discussions avec Washington restent indirectes, via la médiation d’Oman, et qu’elles portent exclusivement sur le dossier nucléaire, excluant les questions de politique intérieure, notamment la répression meurtrière des manifestations du mois dernier.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, chef de la délégation, a assuré sur le réseau X être venu à Genève avec « de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équilibré », ajoutant que « la capitulation face aux menaces n’est pas à l’ordre du jour ».

À bord d’Air Force One, le président américain Donald Trump s’est dit prêt à s’impliquer indirectement dans le processus. « Je pense qu’ils veulent conclure un accord. Ils ne veulent pas subir les conséquences d’un échec », a-t-il déclaré aux journalistes.

Sur le terrain, le guide suprême Ali Khamenei a durci le ton face au déploiement militaire américain au Moyen-Orient, affirmant qu’un navire de guerre est dangereux, mais que « l’arme capable de l’envoyer par le fond l’est davantage », selon la télévision d’État.

La semaine dernière, Washington a annoncé l’envoi vers la région de l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, qui doit rejoindre l’USS Abraham Lincoln et son escorte de destroyers déjà déployés. Les forces américaines ont récemment abattu un drone iranien s’approchant de leurs bâtiments, le jour même où Téhéran tentait d’intercepter un navire battant pavillon américain dans le détroit.

Les monarchies du Golfe redoutent qu’un incident ne déclenche un nouveau conflit régional, dans un Moyen-Orient encore profondément marqué par la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

L’administration Trump cherche à obtenir un accord limitant strictement le programme nucléaire iranien afin d’empêcher toute militarisation. Téhéran assure poursuivre un objectif civil et refuse, à ce stade, de suspendre l’enrichissement d’uranium ou de céder ses stocks.

Avant la guerre éclair de douze jours lancée par Israël en juin — qui avait interrompu des mois de négociations — l’Iran enrichissait l’uranium jusqu’à 60 %, un niveau proche du seuil militaire. Les frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes durant ce conflit auraient détruit une partie des centrifugeuses, tandis que les attaques israéliennes ont sévèrement affaibli les défenses aériennes et l’arsenal balistique du pays.

Parallèlement, la République islamique marque les quarante jours — période traditionnelle de deuil — depuis la journée la plus meurtrière de la répression des manifestations nationales. L’agence Human Rights Activists News Agency évoque au moins 7 015 morts.

Les autorités iraniennes rejettent ces accusations et imputent les troubles à des « actions violentes de groupes armés dirigés par des services de renseignement étrangers », selon l’agence officielle.

Dans ce contexte explosif, la reprise du dialogue à Genève apparaît comme une tentative fragile de désamorcer une confrontation militaire directe, alors même que chaque camp affiche sa capacité de nuisance sur le terrain stratégique le plus sensible de la planète énergétique.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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