Christine Lagarde dément tout départ imminent de la BCE et affirme rester concentrée sur son mandat

Publié le 19 février 2026 à 22:19

Démenti ferme face aux rumeurs de départ, jeux d’influence autour de sa succession et bilan d’un mandat secoué par les crises, les coulisses du pouvoir monétaire européen se dévoilent.

Par @sahbymehalla

Christine Lagarde dément tout départ imminent de la BCE et affirme rester concentrée sur son mandat

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a pris ses fonctions en 2019 (ENA).

 

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a assuré à ses collègues qu’elle restait pleinement engagée dans ses fonctions, mettant ainsi fin aux spéculations sur une démission anticipée. Dans un message interne adressé aux décideurs de l’institution, elle a précisé qu’ils seraient les premiers informés si elle décidait de quitter son poste, un signal interprété par ses destinataires comme la confirmation de son maintien à la tête de la BCE.

Ces déclarations interviennent après des informations de presse évoquant un départ avant la fin de son mandat, possiblement avant l’élection présidentielle française de l’an prochain, ce qui aurait ouvert la voie à un rôle direct d’Emmanuel Macron dans la désignation de son successeur.

Si le message de Christine Lagarde se veut rassurant, il ne ferme toutefois pas totalement la porte à un scénario de départ anticipé. Selon les sources citées, il indique surtout qu’aucune décision de ce type n’est à l’ordre du jour.

Arrivée à Francfort en novembre 2019 après avoir dirigé le Fonds monétaire international, la dirigeante française dispose en principe d’un mandat de huit ans. Sa nomination était le fruit d’un accord politique majeur entre le président français et la chancelière allemande de l’époque, Angela Merkel, qui avait vu Ursula von der Leyen prendre la tête de la Commission européenne.

Le mois dernier encore, Christine Lagarde expliquait avoir accepté ses fonctions en pensant initialement les exercer pendant cinq ans. Une déclaration qui avait alimenté les spéculations sur un départ anticipé, même si elle avait alors rappelé que la durée officielle de son mandat était bien de huit ans.

L’été dernier, un porte-parole de la BCE avait déjà insisté sur sa détermination à aller au terme de son mandat, après des propos de Klaus Schwab évoquant l’hypothèse d’un départ pour diriger le Forum économique mondial.

Malgré ce démenti implicite, la question de la succession reste ouverte dans les cercles économiques européens. Plusieurs noms circulent déjà, parmi lesquels l’ancien gouverneur de la Banque d’Espagne Pablo Hernández de Cos, le président de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot, ou encore l’Allemand Joachim Nagel. L’Allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a également manifesté son intérêt.

Conformément aux traités européens, la nomination du président de la BCE relève des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro, après consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs de l’institution.

Depuis 2019, Christine Lagarde a piloté la politique monétaire de la zone euro à travers une succession de chocs majeurs, de la pandémie de Covid-19 à la guerre en Ukraine, en passant par les tensions commerciales avec les États-Unis.

Sous sa présidence, l’inflation a atteint un pic historique de 11 % fin 2022, portée par l’explosion des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. La BCE a alors engagé le cycle de resserrement monétaire le plus rapide de son histoire pour tenter de stabiliser les prix.

Aujourd’hui, en dépit des rumeurs et des calculs politiques autour de sa succession, le message envoyé par Francfort est clair, Christine Lagarde reste aux commandes de la Banque centrale européenne et entend poursuivre son action dans un contexte économique encore incertain.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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