Le président brésilien s’oppose à un jugement de Nicolás Maduro à l’étranger, interpelle Donald Trump et relance le débat sur souveraineté judiciaire, BRICS et dépendance au dollar dans un bras de fer géopolitique majeur.
Par @sahbymehalla
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a appelé, vendredi, à ce que le président vénézuélien arrêté Nicolás Maduro soit jugé sur le sol vénézuélien et non à l’étranger, affirmant que la priorité devait être la « restauration de la démocratie au Venezuela ».
Dans une interview télévisée accordée en marge d’un sommet sur l’intelligence artificielle organisé à New Delhi, Lula a déclaré que « si Maduro doit être jugé, cela doit se faire dans son pays, pas à l’extérieur », soulignant que le Brésil « ne peut accepter qu’un État procède à l’arrestation du président d’un autre État ».
Maduro a été enlevée en janvier dernier à Caracas par des forces américaines, avant d’être transféré à New York où il a été inculpé pour avoir supervisé un réseau de trafic de drogue.
Le chef de l’État brésilien a indiqué qu’il comptait soumettre cette question dans une proposition écrite au président américain Donald Trump, évoquant la possibilité d’une rencontre à Washington le mois prochain.
Lula a également insisté sur le principe de réciprocité judiciaire, estimant que les citoyens brésiliens poursuivis aux États-Unis devraient être jugés au Brésil. Il a exprimé sa volonté d’ouvrir des négociations avec Trump sur plusieurs dossiers, dont la lutte contre le crime organisé, le narcotrafic et l’exploitation des terres rares.
Puissance régionale partageant une frontière avec le Venezuela, le Brésil s’impose comme un acteur diplomatique majeur en Amérique du Sud. Les relations entre Lula et Trump se sont améliorées depuis l’an dernier, malgré des tensions antérieures liées à l’imposition de droits de douane américains sur des produits brésiliens et aux différends politiques hérités de la période Jair Bolsonaro, poursuivi pour sa tentative présumée de coup d’État après sa défaite électorale en 2022.
Sur le plan économique, Lula a plaidé pour une diversification des partenariats commerciaux afin de réduire la dépendance du Brésil aux grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, appelant à un renforcement de la coopération entre économies émergentes.
Il a estimé que les échanges commerciaux entre le Brésil et l’Inde devraient atteindre entre 30 et 40 milliards de dollars, au regard du poids économique des deux pays, et a proposé que les transactions soient effectuées en monnaies locales plutôt qu’en dollars.
« Ce n’est pas une illusion, et cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais nous devons commencer à y réfléchir », a-t-il déclaré, appelant à davantage de coordination.
Le président brésilien a par ailleurs démenti toute discussion au sein des BRICS sur la création d’une monnaie commune, assurant « qu'il n’existe aucun projet de monnaie des BRICS ». L’an dernier, Donald Trump avait accusé le groupe de vouloir affaiblir le rôle international du dollar et menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays membres s’ils s’engageaient dans cette voie.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
Ajouter un commentaire
Commentaires