Trump annonce l’envoi d’un navire-hôpital au Groenland, Copenhague répond

Publié le 22 février 2026 à 18:12

Washington annonce l’envoi d’un navire-hôpital au Groenland, Copenhague recadre immédiatement. Entre rivalités arctiques, stratégie militaire et bataille d’influence, l’île devient plus que jamais un point chaud géopolitique. Découvrez les dessous d’une initiative qui relance le bras de fer transatlantique.

Par @sahbymehalla

Le navire USNS Comfort, l’un des navires-hôpitaux américains . Photo : Getty

 

Le président américain Donald Trump a annoncé l’envoi d’un navire-hôpital militaire au Groenland, territoire autonome du Danemark, une initiative qui s’inscrit dans le contexte de ses tentatives répétées pour renforcer l’influence de Washington sur cette île stratégique de l’Arctique.

Dans un message publié dimanche sur sa plateforme Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que les États-Unis coordonnaient avec le gouverneur de la Louisiane, Jeff Landry, l’acheminement d’un « formidable hôpital flottant » destiné à soigner des patients qui, selon lui, « ne reçoivent pas de traitement adéquat ». Il a assuré que le navire était « déjà en route », sans fournir de détails techniques ni de calendrier précis.

Les autorités danoises ont rapidement réagi, affirmant que le Groenland ne nécessitait aucune initiative médicale spécifique.

Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a déclaré à la télévision nationale que les habitants du territoire « reçoivent les soins dont ils ont besoin », soit localement, soit au Danemark pour les traitements spécialisés, ajoutant « qu'aucune initiative sanitaire particulière n’est justifiée ».

Sans mentionner explicitement la proposition américaine, la Première ministre Mette Frederiksen s’est dite « heureuse de vivre dans un pays où l’accès aux soins est libre et égal pour tous », soulignant que ce modèle s’appliquait également au Groenland.

L’annonce de Donald Trump s’accompagnait d’une image semblant générée par intelligence artificielle, montrant le navire-hôpital USNS Mercy, habituellement basé en Californie, naviguant au milieu des icebergs. Ni la Maison-Blanche ni le Pentagone n’ont, à ce stade, publié de communiqué officiel précisant la nature de l’opération.

Or, les données sanitaires disponibles pour le Groenland, peuplé d’environ 57 000 habitants, ne font état d’aucune urgence médicale majeure nécessitant une intervention internationale d’une telle ampleur. Le territoire dispose d’un système de santé structuré autour de l’hôpital Queen Ingrid à Nuuk, avec des évacuations médicales régulières vers le Danemark pour les cas complexes.

La déclaration de Donald Trump est intervenue quelques heures après une opération d’évacuation médicale menée par le commandement arctique danois au profit d’un membre d’équipage d’un sous-marin américain, situé à environ sept milles nautiques de Nuuk.

Le patient a été transporté par un hélicoptère Seahawk depuis la frégate danoise Vædderen vers l’hôpital de la capitale groenlandaise.

Aucun élément ne permet pour l’instant d’établir un lien direct entre cet incident et l’annonce américaine.

Pour de nombreux observateurs, cette initiative illustre la volonté persistante de Donald Trump de renforcer la présence américaine dans l’Arctique, une région qu’il considère comme cruciale pour la sécurité nationale face aux ambitions russes et chinoises.

La visite récente du roi Frederik X au Groenland — la deuxième en un an — a été interprétée comme un signal fort de l’unité du royaume danois face aux pressions américaines en faveur d’un rachat de l’île.

Malgré la signature récente d’un accord-cadre entre Washington et l’OTAN destiné à apaiser les tensions, le dossier groenlandais demeure un point central de la politique étrangère américaine, tandis que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont exprimé leur opposition à toute tentative de modification du statut du territoire.

Aux États-Unis, un élu républicain de Floride a déposé un projet de loi visant à faire du Groenland le 51ᵉ État américain.

En Europe, le président français Emmanuel Macron a évoqué les développements récents comme un « réveil stratégique » pour le continent.

Territoire autonome danois et plus grande île du monde, le Groenland est au cœur d’une rivalité géopolitique croissante en raison de sa position dans l’Arctique et de ses ressources potentielles.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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