Une analyse interne tenue secrète révèle comment la guerre à Gaza a fissuré la coalition démocrate et pesé sur la dynamique électorale de Kamala Harris, exposant des divisions stratégiques majeures à l’approche des prochaines échéances.
Par @lemanifestmedia
Kamala Harris, ancienne vice-présidente des États-Unis. (EFE/Octavio Guzmán)
Selon une révélation d’Axios publiée huit heures plus tôt, de hauts responsables démocrates impliqués dans l’analyse interne et confidentielle de la défaite de 2024 estiment que la guerre à Gaza et la ligne de l’administration Biden ont coûté un soutien électoral significatif à Kamala Harris. La recherche, restée secrète depuis que la direction du parti a décidé l’an dernier de ne pas la rendre publique, illustre la sensibilité explosive du sujet au sein de la coalition démocrate, déjà fracturée entre progressistes et modérés sur la question israélo-palestinienne.
L’enjeu est stratégique. D’après les éléments rapportés par Axios, l’aile gauche du parti critique vivement l’offensive israélienne à Gaza et remet en cause le soutien américain jugé inconditionnel à Israël, tandis que les centristes défendent la relation historique avec l’État hébreu. Durant sa courte campagne, Harris a tenté une ligne d’équilibre en affichant un appui ferme à Israël tout en appelant à un cessez-le-feu et en exprimant sa solidarité avec les civils palestiniens et les otages détenus par le Hamas.
Les auteurs du rapport ont notamment échangé à huis clos avec l’IMEU Policy Project, une organisation pro-palestinienne. Ses représentants ont affirmé que l’alignement de l’administration Biden-Harris sur Israël avait érodé le soutien d’une partie de la jeunesse et de l’électorat progressiste. « La DNC nous a indiqué que ses propres données concluaient aussi que ces politiques avaient eu un impact négatif en 2024 », a déclaré le porte-parole de l’organisation, Hamed Bendas. Deux autres responsables de ce groupe ont confirmé cette lecture. Axios précise avoir vérifié indépendamment que les responsables démocrates chargés de l’autopsie électorale partagent cette analyse.
L’organisation accuse désormais le Comité national démocrate d’avoir en partie enterré le rapport à cause de ses conclusions sur Israël, ce que la porte-parole du parti, Kendall Witmer, dément. Lorsqu’ils ont annoncé qu’ils ne publieraient pas le document, les dirigeants avaient invoqué la volonté de ne pas détourner l’attention de la préparation des prochaines échéances électorales. La DNC affirme avoir consulté des centaines d’acteurs et intégrer les enseignements de cette analyse dans ses échanges avec les candidats.
Du côté de Kamala Harris, un conseiller a renvoyé vers ses récentes déclarations lors de la tournée de promotion de ses mémoires 107 Days. L’ancienne vice-présidente y reconnaît que l’administration « aurait dû en faire davantage » et « exprimer plus ouvertement ses critiques » sur la conduite de la guerre par Benjamin Netanyahu. Dans son livre, elle attribue aussi une part de sa défaite à l’impopularité de Joe Biden, liée selon elle à ce qu’elle décrit comme un « chèque en blanc » accordé au Premier ministre israélien. Elle affirme avoir plaidé en privé pour davantage d’empathie envers les civils de Gaza, sans toutefois rompre publiquement avec la ligne présidentielle pendant la campagne.
À l’approche des élections de mi-mandat, les organisations progressistes réclament désormais la diffusion large des conclusions du rapport au sein du parti. Les démocrates, eux, tentent de transformer cette autopsie sous haute tension en feuille de route électorale.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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