Washington affiche sa détermination militaire face à Téhéran tandis que Londres se démarque des frappes offensives. Une nouvelle phase du conflit se profile, avec un bilan humain déjà lourd et des tensions régionales en forte accélération.
Par Sahby Mehalla
Les démocrates ont qualifié Donald Trump de « bizarre » et de « dérangé ». Photo : Chip Somodevilla/Getty Images.
Le président américain Donald Trump a affirmé lundi qu’il n’excluait pas l’envoi de forces terrestres en Iran, assurant qu’il n’hésiterait pas « si cela s’avérait nécessaire », tout en prévenant qu’une nouvelle phase majeure de l’offensive militaire était imminente.
S’exprimant lors d’une cérémonie organisée à la Maison-Blanche, le chef de l’exécutif a présenté la guerre engagée contre Téhéran comme « la dernière et la meilleure opportunité » d’empêcher la République islamique de développer son programme nucléaire. Il a également assuré que les États-Unis disposaient des capacités nécessaires pour poursuivre le conflit « bien au-delà de quatre à cinq semaines ».
Donald Trump a par ailleurs affirmé que les forces américaines avaient détruit dix navires iraniens, se disant confiant quant à « la trajectoire de la campagne militaire ». Dans un entretien accordé plus tôt à CNN, il a évoqué une montée en puissance imminente des opérations, « Nous ne les avons pas encore frappés avec toute notre force. La grande vague n’a pas encore eu lieu », a-t-il déclaré, sans fournir de précisions supplémentaires.
Sur le plan diplomatique, le président américain a vivement critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer, qu’il accuse d’avoir tardé à autoriser l’utilisation de la base conjointe de Diego Garcia pour frapper l’Iran. Il s’est dit « très déçu » par ce délai, estimant que Londres avait mis « trop de temps » à modifier sa position.
La riposte britannique n’a pas tardé. Devant la Chambre des communes, Keir Starmer a assuré que le Royaume-Uni n’avait pas participé à l’attaque initiale contre l’Iran et qu’il poursuivrait uniquement des actions « défensives » pour protéger ses alliés et ses intérêts dans la région. Il a précisé que son pays contribuerait à la sécurité régionale sans prendre part aux frappes menées par Washington ou Tel-Aviv. Le Premier ministre a également estimé que la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei ne mettrait pas fin aux attaques de Téhéran, mais risquait au contraire de les intensifier.
Depuis samedi, les États-Unis et Israël mènent une campagne militaire contre l’Iran, marquée par des frappes visant le sommet de l’appareil politique et militaire, notamment Ali Khamenei, dont la mort a été annoncée dimanche à l’aube. Téhéran a répliqué par une offensive de grande ampleur, lançant des salves de missiles balistiques et des drones en direction d’Israël et visant plusieurs sites dans la région.
Selon des bilans officiels, les bombardements ont fait au moins 555 morts en Iran et touché plus de 130 villes. Côté américain, le Commandement central (CENTCOM) a annoncé la mort de quatre soldats et plusieurs blessés depuis le début des opérations, tandis qu’Israël déplore onze victimes.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Ajouter un commentaire
Commentaires