La guerre contre l’Iran fait grimper les prix du carburant aux États-Unis et frappe les États clés du Sénat. Un choc énergétique qui pourrait peser lourd dans la bataille politique de novembre.
Par Le Manifest
Photo : Erik Mclean / Pexels
La hausse brutale des prix du carburant liée au conflit avec l’Iran commence à peser lourd dans plusieurs États stratégiques pour les élections sénatoriales américaines de novembre un choc énergétique qui pourrait rapidement se transformer en casse-tête politique pour les républicains, actuellement majoritaires au Sénat.
Selon les données de l’application de suivi des prix GasBuddy, la flambée des prix du diesel frappe particulièrement certains États clés des élections de mi-mandat, le Texas a enregistré une hausse hebdomadaire spectaculaire de 111,6 cents, suivi de la Caroline du Nord (+110,5 cents) et de la Géorgie (+107,9 cents), ces États figurent parmi les territoires décisifs pour l’équilibre politique du Sénat.
Dans le même temps, les prix de l’essence classique ont également bondi dans d’autres États disputés. L’Ohio et le Michigan ont enregistré l’une des plus fortes hausses hebdomadaires, avec 55 cents supplémentaires par gallon.
La question du coût de la vie était déjà au cœur du discours politique des démocrates. Désormais, la hausse du prix du carburant place directement le coût de la guerre menée par le président Donald Trump au centre du débat public.
D’après un sondage mené par Ipsos, seulement 29 % des Américains approuvent les frappes militaires, tandis que près des deux tiers des personnes interrogées anticipent une nouvelle hausse des prix de l’essence, même parmi les électeurs républicains, 44 % pensent que les prix continueront d’augmenter.
Les prix varient fortement d’un État à l’autre, en fonction notamment de la concurrence locale ou du fait que certains producteurs peuvent vendre leur pétrole à l’étranger à des tarifs mondiaux en forte hausse, explique Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy.
Paradoxalement, le Texas — premier État producteur de pétrole aux États-Unis — enregistre la plus forte hausse du diesel du pays. Une situation potentiellement favorable aux producteurs, mais nettement moins aux automobilistes.
À l’échelle nationale, le prix moyen de l’essence régulière a atteint 3,55 dollars le gallon mardi, soit 61 cents de plus qu’il y a un mois, selon GasBuddy.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a relativisé la hausse des prix du carburant, estimant qu’il s’agissait d’un « très petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde ».
Mais cet argument convainc difficilement certains experts. Le politologue de l’université Stanford Jon Krosnick estime qu’un tel discours reste difficile à défendre sans menace clairement identifiable ayant « exigé une action immédiate ».
Karen Young, chercheuse au Centre pour la politique énergétique mondiale de l’université Columbia, souligne que les marchés pétroliers ne pourront réellement se stabiliser que lorsque le trafic maritime reprendra normalement dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’énergie.
Le pétrole reste en effet un coût invisible mais omniprésent dans l’économie, il transporte les marchandises, entre dans la fabrication des plastiques, alimente les engrais agricoles et propulse le transport aérien.
La bonne nouvelle pour la Maison-Blanche reste le calendrier, selon Patrick De Haan, les huit mois restants avant les élections pourraient suffire à faire retomber le choc des prix à la pompe.
Mais si la politique militaire américaine ne change pas de cap, prévient-il, la hausse du carburant pourrait laisser une empreinte durable dans la mémoire des électeurs au moment de voter.
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