Moscou appelle Washington et Israël à négocier avec l’Iran pendant que Pékin alerte sur le risque stratégique autour du détroit d’Ormuz, passage clé du pétrole mondial. Une crise aux conséquences globales.
Par Le Manifest
Detroit de Ormuz / Photo : Current Affairs.
La tension géopolitique autour de l’Iran continue de mobiliser les grandes puissances. Moscou a exhorté jeudi les États-Unis et Israël à mettre fin aux frappes contre l’Iran et à privilégier la voie diplomatique, tandis que Pékin a insisté sur l’importance cruciale de la stabilité du détroit d’Ormuz, passage maritime vital pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Selon des déclarations la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a averti que la situation humanitaire dans la région devenait « extrêmement difficile » à mesure que les hostilités s’intensifient, elle a également affirmé que l’escalade militaire provoquait une inquiétude croissante au sein de la communauté internationale, évoquant des milliers de victimes civiles en Iran à la suite de frappes attribuées aux États-Unis et à Israël.
Face à cette escalade, Moscou appelle à une désescalade immédiate, « La Russie continuera de prendre des mesures pour mettre fin à l’escalade au Moyen-Orient dans les plus brefs délais et régler les différends par des moyens pacifiques », a déclaré Zakharova lors d’un point presse.
Le ministère russe des Affaires étrangères a par ailleurs demandé l’arrêt immédiat des frappes américaines et israéliennes, estimant que la crise devait être « ramenée sur la voie d’un règlement politique et diplomatique ».
Dans le même temps, le président russe Vladimir Poutine aurait entamé des contacts avec plusieurs dirigeants du Golfe afin d’explorer une médiation susceptible de calmer les tensions régionales.
La Chine, fortement dépendante des importations énergétiques du Moyen-Orient, s’est également exprimée sur la situation, lors d’un point de presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a souligné que « la sécurité et la stabilité du détroit d’Ormuz constituent un intérêt commun pour la communauté internationale ».
Pékin a aussi condamné les attaques visant des civils ou des infrastructures non militaires dans la région.
Pour la Chine, la crise actuelle représente un défi stratégique majeur, notamment en raison de son exposition au transport maritime du pétrole.
Les analystes estiment qu’environ 45 % des importations de pétrole de la Chine transitent par le détroit d’Ormuz, un corridor maritime considéré comme l’un des plus importants au monde pour l’acheminement des hydrocarbures, toute perturbation ou menace de fermeture de ce passage pourrait donc avoir des conséquences directes sur la sécurité énergétique chinoise et sur les marchés mondiaux.
Dans un contexte de guerre régionale qui continue de s’étendre, les appels conjoints à la diplomatie lancés par Moscou et Pékin illustrent la crainte grandissante d’un choc énergétique mondial et d’une escalade militaire incontrôlable au Moyen-Orient.
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