Trump recule face à Moscou, un tanker russe autorisé à livrer du pétrole à Cuba malgré le blocus américain

Publié le 31 mars 2026 à 19:52

Washington fléchit, un tanker russe brise le blocus et relance la bataille énergétique autour de Cuba. Une décision stratégique aux lourdes implications.

Trump recule face à Moscou, un tanker russe autorisé à livrer du pétrole à Cuba malgré le blocus américain

Un militant agite un drapeau cubain à bord d’un navire arrivant du Mexique avec de l’aide humanitaire au port de La Havane, le 24 mars 2026. (Photo par YURI CORTEZ / AFP via Getty Images)

 

CUBA — La Maison-Blanche infléchit sa ligne, alors que Washington maintient une pression maximale sur Cuba via un blocus pétrolier, l’administration de Donald Trump a finalement laissé passer un tanker russe, révélant les limites de sa stratégie énergétique et géopolitique.

Cuba se préparait lundi à recevoir un navire russe transportant environ 730 000 barils de pétrole, une première livraison de ce type en 2026.

Cette cargaison intervient alors que l’île traverse une crise énergétique majeure, aggravée par les sanctions américaines qui ont fortement réduit ses importations de carburant.

Le navire, battant pavillon russe, devait accoster au port stratégique de Matanzas, essentiel pour alimenter un pays qui ne produit qu’environ 40 % de ses besoins énergétiques.

D’après des experts, cette livraison pourrait générer près de 180 000 barils de diesel, soit de quoi couvrir entre neuf et dix jours de consommation nationale.

La décision de laisser passer ce tanker marque un ajustement tactique, interrogée sur ce choix, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré, qu’il s’agissait d’une décision prise « au cas par cas », pour des raisons potentiellement humanitaires, tout en précisant qu’aucun changement structurel de la politique de sanctions n’avait été acté.

La veille, Donald Trump avait lui-même affirmé n’avoir « aucun problème » avec cette livraison, minimisant son impact stratégique et affirmant que cela ne profiterait pas à la Russie.

Sur le terrain, les conséquences du blocus sont sévères, l’île fait face à des coupures d’électricité massives, à une pénurie de carburant et à une paralysie partielle des transports publics, les hôpitaux sont également affectés par le manque de ressources.

Pendant des années, le Mexique avait soutenu Cuba en lui fournissant du pétrole, mais sous la pression de Washington et la menace de sanctions commerciales, Mexico a dû suspendre ces livraisons et se tourner vers une aide humanitaire, notamment alimentaire.

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a néanmoins indiqué que des discussions étaient en cours pour relancer des échanges énergétiques à l’avenir.

Cette séquence illustre un rapport de force classique entre Washington et Moscou, le Kremlin, via son porte-parole Dmitri Peskov, a justifié cette livraison en affirmant que la Russie se devait de soutenir ses « amis cubains ».

Cuba reste un point de friction historique entre les deux puissances, héritage direct de la Guerre froide.

Aujourd’hui, l’énergie devient à nouveau un levier stratégique majeur, dans un contexte international marqué par les tensions liées à la guerre en Ukraine et aux sanctions occidentales contre la Russie.

Malgré la fermeté affichée par Washington, cette autorisation ponctuelle expose une réalité plus complexe, même les politiques de pression maximale doivent parfois composer avec des impératifs humanitaires et des équilibres géopolitiques instables.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST

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