Trump critique l’OTAN et juge l’adhésion des États-Unis « hors de question »

Publié le 1 avril 2026 à 16:21

Washington secoue l’alliance transatlantique. Entre critiques explosives, tensions énergétiques et fracture avec l’Europe, Trump redéfinit l’équilibre mondial. Un virage stratégique majeur à décrypter.

Trump critique l’OTAN et juge l’adhésion des États-Unis « hors de question »

Donald Trump. Photo par Chip Somodevilla / Getty Images

 

ÉTATS-UNIS — Dans une nouvelle salve verbale contre ses alliés, Donald Trump a affirmé que l’appartenance des États-Unis à NATO était désormais « au-delà de toute remise en question », marquant l’une de ses critiques les plus virulentes à ce jour contre l’alliance transatlantique.

Dans un entretien accordé au The Telegraph et publié mercredi, le président américain a déclaré n’avoir « jamais été convaincu » par l’OTAN, la qualifiant de « tigre de papier », ajoutant que Vladimir Putin partageait cette analyse. Une déclaration lourde de sens, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.

Donald Trump a également évoqué le rôle des États-Unis dans les crises internationales récentes, estimant que Washington s’était engagé de manière automatique, notamment en Ukraine, sans véritable retour de ses alliés. « Ce n’était pas notre problème », a-t-il insisté, dénonçant un déséquilibre dans les engagements stratégiques.

Ces propos s’inscrivent dans une séquence plus large de critiques adressées aux partenaires occidentaux, accusés de ne pas soutenir suffisamment les États-Unis dans la sécurisation du détroit d’Ormuz, axe clé du commerce énergétique mondial, fermé par l’Iran depuis le début des opérations militaires américano-israéliennes.

La pression exercée par Washington s’est intensifiée ces derniers jours. Le président américain a exhorté ses alliés à acheter du pétrole américain ou à sécuriser eux-mêmes leurs approvisionnements via le détroit stratégique, appelant à une plus grande autonomie militaire et énergétique.

Les conséquences économiques du conflit se font déjà sentir, en particulier en Europe, fortement dépendante des flux pétroliers transitant par cette voie maritime. Dans ce contexte, Donald Trump a vivement critiqué la réponse du Royaume-Uni, allant jusqu’à remettre en cause ses capacités militaires et énergétiques.

Visant directement Keir Starmer, il a ironisé sur la stratégie énergétique britannique, dénonçant des investissements coûteux dans l’éolien, accusés selon lui de faire exploser les prix de l’énergie.

Sur le plan institutionnel, Marco Rubio a partiellement relayé cette ligne, affirmant sur Fox News que les États-Unis allaient réévaluer leur relation avec l’OTAN, tout en rappelant que la décision finale revenait au président. Une prise de position notable, alors même que Rubio avait auparavant soutenu une législation visant à empêcher un retrait unilatéral des États-Unis de l’alliance sans validation du Congrès.

Donald Trump s’est dit « satisfait » de cette déclaration, laissant entrevoir une possible redéfinition stratégique majeure des relations transatlantiques.

Cette séquence marque un tournant dans la posture américaine vis-à-vis de ses alliés historiques, sur fond de recomposition des équilibres géopolitiques et énergétiques mondiaux.


ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.