Guerre, menaces et pétrole sous tension, Trump annonce des frappes massives contre l’Iran… mais rien n’est joué. Décryptage d’un conflit à haut risque.
Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une allocution télévisée sur le conflit au Moyen-Orient depuis le Cross Hall de la Maison-Blanche à Washington, le 1er avril 2026. (Photo Pool via AFP)
ÉTATS-UNIS — Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que les États-Unis étaient « très proches » d’une victoire militaire contre l’Iran, tout en annonçant une intensification des frappes dans les semaines à venir.
Lors d’une allocution télévisée depuis la Maison-Blanche, le chef de l’État a assuré que les objectifs stratégiques de Washington — destruction des capacités militaires iraniennes, neutralisation de son influence régionale et blocage de toute ambition nucléaire — étaient « en voie d’être atteints ». « Nous allons terminer le travail, et très rapidement », a-t-il déclaré, dans un discours de 19 minutes marqué par une rhétorique offensive.
Dans la même intervention, Donald Trump a promis « deux à trois semaines » de frappes « extrêmement dures », tout en menaçant explicitement les infrastructures énergétiques iraniennes. « Nous allons les ramener à l’âge de pierre », a-t-il lancé, une déclaration qui soulève des inquiétudes juridiques, les attaques visant des infrastructures civiles étant susceptibles de constituer des violations du droit international humanitaire.
Cette prise de parole intervient plus d’un mois après le début du conflit déclenché le 28 février, dans un contexte de fragilisation politique pour le président américain. Sa popularité est en recul, tandis que l’économie américaine subit les répercussions du conflit, notamment une flambée des prix de l’énergie.
Le contrôle par Téhéran du détroit stratégique d’Strait of Hormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, accentue les tensions sur les marchés. Les prix du pétrole ont bondi, entraînant une hausse du coût du carburant aux États-Unis et une chute des marchés boursiers après le discours présidentiel.
Sur le front diplomatique, les perspectives restent floues. Donald Trump a évoqué la possibilité d’un cessez-le-feu initié par le président iranien Masoud Pezeshkian, une affirmation rapidement démentie par le ministère iranien des Affaires étrangères, qui accuse Washington d’exigences « maximalistes et irrationnelles ».
Le président américain a par ailleurs exhorté les pays dépendants du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz à « assumer leurs responsabilités », tout en critiquant les alliés européens pour leur manque de soutien.
Aux États-Unis, les critiques se multiplient, y compris au sein de la classe politique. Le sénateur démocrate Chris Murphy a ironisé sur l’ambiguïté stratégique du président, estimant que « personne ne sait s’il intensifie ou réduit la guerre — lui compris ».
Malgré l’optimisme affiché par la Maison-Blanche, l’absence de feuille de route diplomatique claire et l’escalade militaire annoncée laissent planer une forte incertitude sur l’issue du conflit, alors que les tensions régionales continuent de s’intensifier.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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