Trois pétroliers franchissent Ormuz, dont un français

Publié le 3 avril 2026 à 21:41

Malgré la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, trois pétroliers — dont un lié à une entreprise française — forcent le passage. Un signal fort qui secoue déjà les marchés énergétiques mondiaux.

Trois pétroliers franchissent Ormuz, dont un français

Le 2 mars dernier, l’Iran a annoncé restreindre la navigation dans le détroit d’Ormuz, menaçant d’attaquer tout navire tentant de le traverser sans coordination préalable.

 

DÉTROIT D’ORMUZ — Malgré un contexte géopolitique sous haute tension, trois navires pétroliers — dont l’un affilié à une entreprise française — ont traversé le détroit d’Ormuz jeudi, en longeant les côtes d’Oman. Une opération rare depuis la quasi-fermeture du passage stratégique par l’Iran, dans le sillage de la guerre déclenchée le 28 février entre Téhéran et les forces américano-israéliennes.

Avant le conflit, ce corridor maritime vital voyait transiter près de 20 % de la production mondiale de pétrole ainsi qu’une part significative du gaz naturel liquéfié. Téhéran avait alors averti qu’aucun navire lié à des pays jugés hostiles ne serait autorisé à franchir le détroit sans coordination préalable, tout en laissant la porte ouverte aux États considérés comme « amicaux ».

Selon des données de suivi maritime publiées vendredi, les trois navires ont emprunté une route longeant la péninsule de Musandam, au sud du détroit. Fait notable, tous ont diffusé un signal d’identification les présentant comme « navires omanais » lors de leur traversée, une stratégie potentielle pour éviter toute interception.

Par ailleurs, un porte-conteneurs du groupe français CMA CGM a également quitté le Golfe en franchissant le détroitune première depuis le début du conflit pour une grande compagnie maritime européenne. D’après des données de navigation maritime, ce passage aurait emprunté un itinéraire vraisemblablement coordonné avec les Gardiens de la révolution iraniens.

Depuis le début des hostilités, seules quelques traversées ont été observées, via un couloir maritime contrôlé par l’Iran près de l’île de Larak, surnommée par certains analystes du secteur « poste de péage stratégique de Téhéran ».

Toujours selon les données de la société d’analyse maritime Kpler, deux superpétroliers transportant du brut — Habrut et Dalcot — ainsi qu’un méthanier vide ont également franchi le détroit jeudi matin. Le navire gazier « Sohar », propriété conjointe de la compagnie japonaise Mitsui O.S.K. Lines, est devenu le premier transporteur de GNL à traverser Ormuz depuis le 1er mars.

Dans le même temps, l’association des armateurs japonais indique que 44 navires liés au Japon restent bloqués dans le Golfe.

Les chiffres traduisent l’ampleur du choc, depuis le 1er mars, environ 240 traversées ont été recensées, soit une chute de 94 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre. Parmi ces passages, 151 concernaient des pétroliers ou méthaniers, majoritairement en direction de la sortie du détroit.

La guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël continue de provoquer de fortes turbulences sur les marchés énergétiques mondiaux. La réduction drastique du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — où transitaient environ 20 millions de barils par jour — a entraîné une hausse significative des coûts de transport et d’assurance, alimentant une flambée des prix du pétrole et du gaz.

Cette situation alimente également les tensions inflationnistes à l’échelle mondiale, poussant plusieurs gouvernements à adopter des mesures d’urgence pour contenir les répercussions économiques sur les ménages et les entreprises.

Le détroit d’Ormuz, déjà considéré comme l’un des points névralgiques du commerce énergétique mondial, s’impose plus que jamais comme un levier stratégique majeur dans l’équilibre géopolitique global.


ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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