La Cour suprême israélienne examine une demande explosive de destitution visant Itamar Ben Gvir. Enjeu majeur, une possible crise institutionnelle entre justice et pouvoir exécutif.
Ben Gvir : « N’entraînez pas Israël vers une crise constitutionnelle ou une division » (Getty Images)
FOCUS MONDE — La Cour suprême d’Israël a entamé ce mercredi l’examen d’un recours demandant la destitution du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, accusé d’ingérence dans le fonctionnement de la police. Cette audience, à huis clos mais retransmise en direct, intervient dans un climat de forte tension politique et institutionnelle.
Selon les éléments présentés au tribunal, le recours vise des interventions répétées du ministre dans les décisions policières, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’application de la loi et aux enquêtes. En amont de l’audience, plusieurs dizaines de partisans de Ben Gvir se sont rassemblés devant le tribunal, brandissant des pancartes dénonçant ce qu’ils qualifient de « dérive judiciaire » et appelant à mettre fin à une « dictature des juges ».
Face à ses soutiens, Itamar Ben Gvir a assumé ses positions, déclarant que la conseillère juridique du gouvernement avait raison de l’accuser d’influencer la politique sécuritaire et les nominations au sein de la police. Il a revendiqué un mandat démocratique fort, affirmant que « plus d’un demi-million d’électeurs » avaient voté pour un changement profond. Le ministre a également mis en garde la Cour, estimant qu’une décision contre lui risquerait de plonger le pays dans une crise constitutionnelle majeure.
Dans le même temps, le ministre de la Justice Yariv Levin, membre du parti Likud, a clairement indiqué qu’une éventuelle décision de destitution ne serait pas appliquée. Dans un communiqué, il a jugé la procédure « illégale », rappelant que la nomination ou la révocation d’un ministre relève, selon lui, de la seule autorité du Premier ministre.
Cette position est également défendue par Benjamin Netanyahu, qui avait déjà contesté la légitimité de la Cour à intervenir dans cette affaire. Le chef du gouvernement considère qu’une telle décision constituerait une ingérence injustifiée du pouvoir judiciaire dans le champ politique, sans fondement constitutionnel.
À l’origine de cette procédure, la conseillère juridique du gouvernement avait saisi la Cour en janvier dernier, estimant que Ben Gvir abusait de ses prérogatives pour influencer illégalement les forces de l’ordre. Des organisations israéliennes, dont le mouvement pour la qualité du gouvernement, ont également déposé des recours similaires, dénonçant une dérive institutionnelle.
À l’inverse, l’exécutif israélien voit dans ces démarches une tentative politique de renverser un ministre pour ses positions idéologiques, plutôt que pour des violations avérées de la loi.
En toile de fond, cette affaire illustre une fracture croissante entre les institutions israéliennes, sur fond de débat explosif autour de l’équilibre des pouvoirs. Le verdict de la Cour pourrait ainsi redéfinir les lignes rouges entre justice et exécutif, avec un risque réel d’escalade institutionnelle.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
Tags : Israël • Cour suprême israélienne • Itamar Ben Gvir • crise constitutionnelle • politique israélienne
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