Mort de Nacer Boudiaf, fils de l’ex-président algérien : une voix pour la vérité s’éteint à 62 ans

Publié le 27 novembre 2025 à 09:42

Figure engagée dans la quête de justice autour de l’assassinat de son père, Nacer Boudiaf est décédé à Bruxelles des suites d’un cancer fulgurant.

Par @lemanifestmedia

Mort de Nacer Boudiaf, fils de l’ex-président algérien : une voix pour la vérité s’éteint à 62 ans

Nacer Boudiaf, fils du président algérien assassiné Mohamed Boudiaf, est décédé lundi soir à l’âge de 62 ans, à Bruxelles, des suites d’un cancer foudroyant. L’information a été confirmée par son frère, Tayeb Boudiaf, et relayée par Casbah Tribune.

Militant infatigable pour faire émerger la vérité sur la mort de son père, Nacer Boudiaf était devenu une figure emblématique de la mémoire politique algérienne. Depuis plus de trois décennies, il dénonçait les zones d’ombre entourant l’assassinat de Mohamed Boudiaf, tué le 29 juin 1992 à Annaba, alors qu’il venait tout juste d’accéder à la présidence du Haut Comité d’État.

Profondément marqué par ce drame qui a bouleversé l’histoire récente de l’Algérie, Nacer Boudiaf n’a jamais cessé de réclamer une enquête indépendante, affirmant à plusieurs reprises que la version officielle — celle d’un acte isolé commis par un garde du corps — ne tenait pas face aux éléments rassemblés au fil des années. À travers interviews, tribunes et actions judiciaires, il a défendu la mémoire de son père avec détermination, souvent à contre-courant du discours étatique.

En 2021, il avait d’ailleurs relancé l’affaire devant les tribunaux algériens, tout en continuant à interpeller l’opinion publique depuis l’étranger, où il vivait en exil partiel.

Installé à Bruxelles depuis plusieurs années, Nacer Boudiaf vivait entre engagement politique et discrétion personnelle. S’il avait peu fait parler de lui sur le plan médiatique ces dernières années, il restait une figure centrale pour celles et ceux qui refusent que l’affaire Boudiaf soit classée sans suite. Sa mort laisse un vide dans la lutte mémorielle et soulève, une fois de plus, les non-dits d’une époque toujours sensible en Algérie.

Les premières réactions n’ont pas tardé à affluer sur les réseaux sociaux, de la part de journalistes, de militants des droits humains et de citoyens algériens. Tous saluent la mémoire d’un homme "intègre", "courageux", "resté debout face au silence officiel".

Selon Algérie Patriotique, une cérémonie en hommage à Nacer Boudiaf pourrait être organisée à Bruxelles dans les prochains jours, avant un éventuel transfert du corps vers l’Algérie, si les conditions le permettent.

La disparition de Nacer Boudiaf ravive les blessures d’un pan douloureux de l’histoire algérienne. Son combat ne s’éteint pas avec lui, il rejoint désormais ceux qui, dans l’ombre ou à voix haute, refusent que l’Histoire soit écrite à moitié.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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