Christophe Gleizes : les médias français unis pour exiger la libération du journaliste emprisonné en Algérie

Publié le 26 novembre 2025 à 21:05

Le journaliste français Christophe Gleizes a été condamné à 7 ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ». À quelques jours de son procès en appel, la mobilisation s’intensifie dans les médias et le monde du sport.

Par @lemanifestmedia

Christophe Gleizes : les médias français unis pour exiger la libération du journaliste emprisonné en Algérie

Des membres de la famille de Christophe Gleizes défilent le 16 juillet à Avignon, en France, en soutien au journaliste sportif français détenu, tenant une banderole sur laquelle on peut lire : « Le journalisme n’est pas un crime. » (Christophe Simon/AFP/Getty Images)

 

À quelques jours de l’audience en appel prévue le 3 décembre à Tizi-Ouzou, la pression monte autour du sort de Christophe Gleize. Le journaliste sportif français, collaborateur régulier du magazine So Foot et du média Society, a été condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme » et « atteinte à l’intérêt national ». Un verdict jugé profondément injuste par la profession, qui se mobilise en masse pour exiger sa libération.

Âgé de 36 ans, Christophe Gleizes s’était rendu au printemps dernier en Kabylie pour enquêter sur la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), club de football emblématique de la région, dans le cadre d’un reportage consacré à la mort non élucidée du footballeur camerounais Albert Ebossé. Interpellé le 28 mai 2024 à Tizi-Ouzou, il est d’abord placé sous contrôle judiciaire, avant d’être incarcéré en juin. Le 29 juin, le couperet tombe, sept ans de réclusion, prononcés sur la base d’un entretien réalisé avec un ancien responsable du club, soupçonné de liens avec un mouvement séparatiste kabyle interdit.

La sentence a immédiatement provoqué une onde de choc dans les rédactions françaises. Ce mercredi, plus de 300 médias ont signé un éditorial commun dénonçant une « criminalisation du journalisme ». Dans ce texte, coordonné par l’Alliance de la presse d'information générale (APIG), les signataires rappellent que « l’interview d’un homme ne signifie pas l’adhésion à ses idées ». L’affaire Gleizes, selon eux, marque une atteinte grave à la liberté d’informer et au droit fondamental d’exercer le métier de journaliste sans intimidation ni représailles.

La mobilisation dépasse le seul cercle médiatique. Plusieurs clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 — parmi lesquels le RC Lens, le FC Nantes, l’OGC Nice ou encore le Paris FC — ont publié des messages de soutien, réclamant la libération de celui qui a couvert pendant des années l’actualité du ballon rond en Afrique. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) dénonce de son côté une dérive sécuritaire et un usage abusif des lois antiterroristes à des fins politiques.

L’enjeu est désormais judiciaire. La cour d’appel de Tizi-Ouzou doit réexaminer le dossier le 3 décembre. Du côté de la famille et des soutiens de Christophe Gleizes, l’espoir reste vif de voir sa peine annulée ou considérablement réduite. Une pétition circule depuis plusieurs semaines, relayée par des figures du monde du journalisme, du sport et des droits humains.

Sur le plan diplomatique, cette affaire vient raviver les tensions récurrentes entre Paris et Alger. L’ambassade de France suit de près le dossier, sans intervention directe pour l’instant. Mais en coulisses, les pressions se multiplient pour éviter que ce cas ne cristallise un nouveau bras de fer politique.

À l’approche de la date fatidique, les médias français continueront de faire entendre leur voix. Et avec eux, une question persiste, un journaliste peut-il encore exercer librement son métier dans certaines régions du monde sans risquer la prison ? Le sort de Christophe Gleizes pourrait bien devenir un symbole de ce combat.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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