Alger-Tokyo partenariat pêche, poisson frais et abondance, l’initiative algéro-japonaise née en 2021 se déploie à grande échelle

Publié le 10 février 2026 à 14:26

Testée depuis 2021 à Oran avec l’appui de la Japan International Cooperation Agency JICA, l’initiative algéro-japonaise de cogestion des pêcheries artisanales et de récifs artificiels s’étend désormais à plusieurs wilayas côtières. Selon Radio Algérie en anglais et des sources japonaises officielles, le programme affiche des résultats encourageants sur l’abondance des stocks, la durabilité environnementale et les revenus des pêcheurs, ouvrant la voie à une généralisation progressive sur l’ensemble du littoral algérien.

Par : @lemanifestmedia

Photo : Radio Algérie 

 

Depuis 2021, un projet de coopération entre l’Algérie et le Japon, centré sur la cogestion des pêcheries artisanales et l’utilisation de récifs artificiels, gagne du terrain le long de la côte méditerranéenne algérienne et entame une phase de généralisation nationale après des résultats prometteurs à Oran, selon des sources officielles et des acteurs internationaux.

Selon Radio Algérie le programme algéro-japonais de cogestion des pêcheries artisanales, initié en partenariat avec la Japan International Cooperation Agency (JICA), a été lancé en 2021 dans la wilaya d’Oran avec pour objectif de renforcer la gestion participative des ressources halieutiques et de réduire la pression exercée par une pêche artisanale très présente sur les zones littorales. La stratégie repose notamment sur l’installation de récifs artificiels – structures sous-marines favorisant la reproduction et l’abondance des poissons –, formation des pêcheurs locaux, échanges d’expertise et adoption de pratiques innovantes. 

D’après le directeur général de la pêche et de l’aquaculture, Miloud Tria, cette phase pilote « a produit des résultats positifs » en termes de « renouvellement des stocks et de création de zones favorables à la reproduction naturelle des espèces marines », tout en soutenant la stabilité des moyens d’existence des communautés de pêcheurs artisanaux. Cette réussite prépare désormais l’extension du modèle à Skikda, Tizi Ouzou, Tipaza et d’autres wilayas côtières, avant d'atteindre progressivement l’ensemble de la côte nationale. 

Le secteur halieutique algérien capitalise sur l’expérience traditionnelle japonaise d’utilisation de récifs artificiels, technique historiquement éprouvée au Japon pour restaurer les habitats marins et renforcer la durabilité des pêcheries. Le renforcement du partenariat algéro-japonais s’appuie sur le savoir-faire japonais en matière de gestion durable des ressources marines, combiné aux réalités locales méditerranéennes. 

La JICA elle-même souligne que ce programme de coopération inclut non seulement la construction et l’installation de récifs artificiels, mais aussi des formations techniques, des ateliers de co-gestion, et des échanges de bonnes pratiques entre professionnels algériens et experts japonais, une dimension essentielle à l’adoption pérenne de ce modèle de cogestion participative. 

Ce déploiement intervient alors que les pêcheries artisanales représentent une part importante de la flotte nationale, avec près de 65 % de navires de petite taille opérant près des côtes, souvent sous pression écologique accrue. Les récifs artificiels, en créant des habitats propices à la reproduction et à la croissance des espèces, constituent une alternative stratégique à la surexploitation des zones littorales en reliant innovation technologique et gestion durable des ressources. 

Alors que le programme s’étend à de nouvelles régions, les autorités algériennes et leurs partenaires japonais mettent l’accent sur l’importance d’une cadre réglementaire solide, comme le décret exécutif n°17-363 de décembre 2017 applicable aux installations marines, afin de garantir que l’initiative se déroule dans le respect des normes environnementales et techniques. 

Perspectives 2026 et au-delà, Les acteurs du secteur estiment que cette coopération pourrait servir de modèle régional pour d’autres pays riverains de la Méditerranée confrontés à des défis similaires de durabilité des pêcheries. En mettant l’accent sur la cogestion participative, le transfert de compétences et l’innovation, l’initiative algéro-japonaise pourrait non seulement améliorer l’abondance du poisson frais en Méditerranée occidentale, mais aussi catalyser une transition vers une économie bleue plus inclusive et résiliente pour les communautés côtières. 

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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