Cinq corps de migrants retrouvés au large de Tripoli

Publié le 22 février 2026 à 09:37

De nouveaux corps rejetés par la Méditerranée rappellent la dangerosité de la route libyenne, tandis que l’ONU alerte sur un système migratoire marqué par les violences et l’absence de protections réelles.

Par @sahbymehalla

Cinq corps de migrants retrouvés au large de Tripoli

L’ONU a appelé à la mise en œuvre de réformes pour protéger les migrants et les réfugiés (Associated Press – archives).

 

Au moins cinq corps de migrants, dont deux femmes, ont été découverts sur une plage à l’est de Tripoli, nouvelle illustration du drame humain qui se joue sur la route migratoire libyenne, l’un des axes les plus meurtriers de la Méditerranée centrale.

Selon un responsable de la police locale, les dépouilles ont été rejetées par les vagues sur le littoral de Qasr al-Akhyar, à environ 73 kilomètres de la capitale. Les habitants avaient auparavant signalé le corps d’un enfant emporté par la mer sous l’effet de la houle, ce qui a conduit les autorités à solliciter l’intervention des garde-côtes pour tenter de le localiser. Les corps, décrits comme étant ceux de personnes originaires d’Afrique subsaharienne, ont été retrouvés sur la plage de Mohammed al-Sharif avant que le Croissant-Rouge ne soit appelé pour leur récupération. Les autorités redoutent que d’autres victimes ne soient découvertes dans les prochains jours, les cadavres étant encore en bon état, signe d’un naufrage récent.

Cette tragédie intervient dans un contexte déjà marqué par de lourdes pertes humaines. Début février, l’Organisation internationale pour les migrations faisait état de 53 migrants morts ou portés disparus après le chavirement d’une embarcation pneumatique au large de Zouara, dans l’ouest de la Libye, alors qu’elle transportait 55 personnes.

Dans un rapport publié la semaine dernière, les Nations unies ont décrit la situation des migrants en Libye comme un « environnement brutal », documentant des risques systématiques d’homicide, de torture et de violences sexuelles, y compris contre des mineures. L’ONU a appelé à la suspension des renvois forcés de migrants vers le territoire libyen tant que des garanties effectives en matière de droits humains ne seront pas mises en place. L’organisation exhorte également les autorités rivales de l’ouest et de l’est du pays à adopter en urgence des réformes juridiques et politiques pour protéger les migrants et les réfugiés, tout en demandant à l’Union européenne de mettre fin aux interceptions en mer qui conduisent à leur retour en Libye.

La Libye demeure l’un des principaux points de transit vers l’Europe pour les migrants fuyant les conflits, la pauvreté et les crises climatiques en Afrique et au Moyen-Orient, malgré l’instabilité chronique et l’absence d’un système de protection capable de garantir leur sécurité.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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