Iran et États-Unis en course pour retrouver un membre d’équipage après la chute d’un avion de chasse

Publié le 4 avril 2026 à 12:41

Iran et États-Unis lancent une course critique pour retrouver un pilote disparu après la chute d’un avion de chasse. Entre propagande, frappes intensifiées et tensions régionales, le conflit franchit un nouveau seuil.

Un membre d’équipage d’un avion de chasse ainsi qu’un pilote d’un A-10 Warthog ont été secourus, selon plusieurs sources. Photo par Dan Kitwood / Getty Images

 

TÉHÉRAN — Les forces iraniennes et américaines se livrent une véritable course contre la montre pour retrouver un membre d’équipage d’un avion de chasse américain abattu en Iran, une première depuis le début du conflit.

Selon les autorités iraniennes, l’appareil — un F-35 — a été abattu au-dessus du territoire iranien. De leur côté, plusieurs médias américains rapportent que les forces spéciales américaines ont réussi à secourir l’un des deux membres d’équipage, tandis que le second reste porté disparu.

Dans un développement parallèle, l’armée iranienne affirme avoir également abattu un avion d’attaque au sol américain A-10 dans le Golfe. Là encore, des sources américaines indiquent que le pilote aurait été récupéré.

Le conflit, déclenché il y a plus d’un mois par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran — ayant notamment entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei — s’est rapidement étendu à l’ensemble du Moyen-Orient. Cette escalade militaire a profondément déstabilisé l’économie mondiale et affecté des millions de personnes.

Le Commandement central américain n’a pas immédiatement commenté la perte du F-15. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a toutefois confirmé que le président avait été informé de la situation. Interrogé par NBC, le président Donald Trump a minimisé l’impact de cet incident sur d’éventuelles négociations avec l’Iran, déclarant que « cela n’aura aucun effet » et ajoutant simplement : « C’est la guerre. »

Le type exact de l’appareil reste incertain. Les autorités iraniennes évoquent un F-35, tandis que des sources américaines parlent plutôt d’un F-15. Aucune confirmation indépendante n’a, à ce stade, tranché entre les deux versions.

Un porte-parole du commandement opérationnel central de l’armée iranienne a affirmé qu’un « avion de chasse hostile américain » avait été détruit par les systèmes de défense aérienne avancés des Gardiens de la révolution. Selon lui, l’appareil aurait été « totalement annihilé », tandis que les opérations de recherche se poursuivent.

Sur une chaîne de télévision officielle, un journaliste iranien a déclaré que toute personne capturant vivant un membre d’équipage américain « recevrait une récompense précieuse », illustrant la dimension psychologique et propagandiste du conflit.

Selon les autorités américaines, plusieurs aéronefs ont déjà été perdus depuis le début des opérations en Iran, dont un avion ravitailleur écrasé en Irak et trois F-15 abattus par des tirs alliés koweïtiens.

L’ancien général de brigade américain Houston Cantwell, fort de 400 heures de vol en combat, explique que les pilotes sont formés à réagir immédiatement en cas d’éjection. « Ma priorité serait d’abord de me cacher pour éviter toute capture », a-t-il confié.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a quant à lui tourné en dérision l’administration Trump sur le réseau X, ironisant sur une guerre passée d’un objectif de « changement de régime » à une simple recherche de pilotes disparus.

Sur le terrain, les frappes se multiplient en Iran, en Israël et au Liban. À Téhéran, plusieurs explosions ont été entendues dans le nord de la capitale, selon un journaliste sur place.

Les attaques ciblent désormais de plus en plus des infrastructures économiques et industrielles, alimentant les craintes d’une perturbation majeure de l’approvisionnement énergétique mondial.

Dans la banlieue ouest de Téhéran, un correspondant a constaté des dégâts importants sur des bâtiments résidentiels, sans présence apparente d’installations militaires. D’après la fondation des martyrs de la province d’Alborz, citée par l’agence officielle IRNA, ces frappes auraient fait 13 morts parmi les civils et des dizaines de blessés.

Dans une tribune publiée dans la revue américaine Foreign Affairs, l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé qu’un accord avec Washington était possible pour mettre fin au conflit. Il propose notamment une limitation du programme nucléaire iranien et la réouverture du détroit d’Ormuz en échange d’un allègement des sanctions.

Depuis le début de la guerre, l’Iran a quasiment bloqué ce passage stratégique par lequel transite habituellement près d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondial.

Le porte-parole militaire iranien Ebrahim Zolfaghari a averti que Téhéran intensifierait ses attaques contre les installations énergétiques de la région en réponse aux menaces américaines.

Une attaque de drone visant une raffinerie koweïtienne a ainsi déclenché un incendie, tandis qu’une autre frappe iranienne a endommagé un complexe énergétique et de dessalement.

Même les États du Golfe, longtemps considérés comme relativement sûrs, sont désormais exposés, accusés par l’Iran de servir de bases de lancement aux opérations américaines. À Dubaï, les autorités ont signalé un « incident mineur » causé par des débris issus d’une interception aérienne, sans faire de victimes.

Au Liban, l’armée israélienne affirme avoir frappé plus de 3 500 cibles en un mois dans le cadre de son affrontement avec le Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Elle a notamment ciblé deux ponts dans la région orientale de la Bekaa afin d’entraver les mouvements de renforts et d’équipements militaires. Les médias libanais ont confirmé la destruction de ces infrastructures.

À Beyrouth, plusieurs explosions ont été entendues tôt samedi matin, accompagnées de colonnes de fumée visibles dans la capitale.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a fait au moins 1 345 morts et plus de 4 000 blessés depuis son déclenchement. Le Hezbollah n’a pas communiqué de bilan officiel de ses pertes.


ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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