Des scientifiques ont mis au jour des guépards naturellement momifiés dans des grottes d’Arabie saoudite, révélant que le félin occupait la péninsule bien plus récemment qu’on ne le pensait. Une découverte majeure qui rebat les cartes de l’histoire naturelle… et de la conservation future.
Par @sahbymehalla
Cette image non datée, fournie par Communications Earth & Environment, montre un chercheur en train de prendre des mesures sur les restes d’un guépard momifié. Photo : Ahmed Boug / Communications Earth & Environment via AP.
Dans une découverte qualifiée « d'inédite » par la communauté scientifique, des chercheurs ont mis au jour les restes naturellement momifiés de guépards datant d’environ 2 000 ans dans des grottes du nord de l’Arabie saoudite. Cette trouvaille exceptionnelle redessine la carte historique de la répartition du guépard et éclaire d’un jour nouveau la biodiversité passée de la péninsule Arabique.
Selon AP News, qui révèle l’information en s’appuyant sur les travaux de chercheurs saoudiens et internationaux, sept guépards momifiés ont été découverts dans un réseau de grottes près de la ville d’Arar, accompagnés des restes squelettiques d’au moins cinquante autres individus. Les analyses au radiocarbone indiquent que certains spécimens remontent à environ 2 000 ans, tandis que d’autres seraient plus récents, datant de quelques siècles seulement, rapporte AP News.
Contrairement aux momies animales bien connues de l’Égypte antique, ces guépards n’ont pas été momifiés par l’homme. La conservation est entièrement naturelle, expliquent les scientifiques. D’après ScienceAlert, le climat extrêmement sec, la stabilité thermique des grottes et l’absence d’humidité ont créé des conditions idéales pour préserver tissus, peau et os sur des millénaires, un phénomène rarissime chez les grands félins.
Cette découverte bouleverse les connaissances établies. Jusqu’ici, les chercheurs pensaient que le guépard avait disparu de la péninsule Arabique bien plus tôt. Or, la présence avérée de guépards sur une période aussi récente démontre que l’espèce occupait un territoire bien plus vaste qu’estimé, souligne Scientific American. Les analyses génétiques préliminaires suggèrent également l’existence d’une diversité de lignées aujourd’hui éteintes, ce qui enrichit considérablement l’histoire évolutive du guépard.
Au-delà de la prouesse archéozoologique, l’enjeu est aussi contemporain. Selon les auteurs de l’étude scientifique menée par le National Centre for Wildlife en Arabie saoudite, ces données pourraient orienter de futurs programmes de réintroduction et de conservation, en identifiant les habitats historiques les plus favorables à l’espèce. Les chercheurs évoquent explicitement ces perspectives dans leur publication académique, consultable sur ResearchGate.
Ces guépards momifiés ne sont pas seulement des vestiges spectaculaires du passé. Ils constituent une pièce maîtresse pour comprendre l’effondrement des écosystèmes anciens et potentiellement, pour mieux préparer leur renaissance. Quand la science exhume le passé, c’est parfois l’avenir de la biodiversité qui refait surface.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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