D’après des travaux universitaires et des publications spécialisées, une innovation chinoise pourrait transformer un inconvénient majeur des avions furtifs en source d’énergie exploitable.
Par @lemanifestmedia
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Dans un domaine où la furtivité aérienne est synonyme de survie, des chercheurs chinois suggèrent qu’au lieu de simplement éviter ou dévier les ondes radar ennemies, un avion de chasse du futur pourrait récupérer l’énergie de ces mêmes ondes pour s’alimenter. Cette idée, encore à l’état de théorique mais ambitieuse, tire parti de technologies associant intelligence électromagnétique et communications 6G.
Traditionnellement, les avions dits furtifs — comme le Chengdu J-20 ou le prototype Shenyang J-35A en Chine — réduisent leur signature radar en modelant leur structure et en utilisant des revêtements absorbants pour éviter d’être détectés.
L’innovation chinoise repose sur une surface intelligente dite RIS (Reconfigurable Intelligent Surface), une structure électromagnétique bidimensionnelle programmée pour manipuler activement les ondes électromagnétiques, plutôt que de les disperser. Selon les équipes de l'université de Xidian impliquées dans ce travail, ces surfaces pourraient capter l’énergie des signaux radar ou des transmissions ambiantes, puis la convertir en électricité exploitable pour les systèmes embarqués.
Ce concept exploite des idées fondamentales de la future 6G — réseau attendu comme plus rapide, plus dense en signaux et mieux intégré à l’environnement connecté — pour aller au-delà d’une simple amélioration des télécommunications. Les surfaces intelligentes pourraient non seulement recevoir et renvoyer des données, mais aussi absorber l’énergie électromagnétique environnante, y compris des radars ennemis, et la convertir en énergie électrique sans nécessiter de batteries traditionnelles.
Un rapport de South China Morning Post souligne que ce système vise une « furtivité électromagnétique coopérative », où plusieurs plateformes partagent et gèrent leur interaction avec les signaux radar tout en récoltant de l’énergie.
Si elle voit le jour, cette technologie pourrait révolutionner non seulement l’aviation militaire, mais aussi des domaines civils. Elle aligne la récupération d’énergie sans fil, les communications intelligentes et la sensation/adaptation au contexte dans une seule plateforme matérielle. Des applications potentielles seraient l’alimentation autonome de satellites, de micro-stations de base ou encore de capteurs du futur Internet des objets (IoT), tous capables de fonctionner sans source d’énergie traditionnelle.
Pour l’instant, ces innovations restent conceptuelles ou en phase expérimentale. Aucun avion de chasse opérationnel n’a encore été équipé de manière démontrable de ces surfaces intelligentes capables de convertir l’énergie radar en puissance embarquée. La technologie 6G elle-même n’en est qu’à ses premières phases de normalisation et de déploiement dans le monde, avec des réseaux 5G encore en pleine expansion.
Néanmoins, la recherche suggère une vision très proactive de l’électronique et de la guerre électronique de demain, plutôt que d’échapper au spectre électromagnétique, l’avion pourrait l’embrasser et en tirer profit — concept aux implications stratégiques majeures si les adversaires militaires l’adoptent.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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