Les quatre défis techniques que la mission Artemis II doit encore résoudre avant son décollage

Publié le 21 février 2026 à 10:02

Fuites d’hydrogène, anomalies techniques, bouclier thermique fragilisé et combinaisons contestées, à l’approche du décollage, la mission lunaire de la NASA joue sa crédibilité et la sécurité de son équipage.

Par @lemanifestmedia

Les quatre défis techniques que la mission Artemis II doit encore résoudre avant son décollage

NASA/Sam Lott

 

Alors que le retour de l’humanité vers la Lune approche pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la mission Artemis II cristallise autant d’espoirs que d’inquiétudes. Cette étape clé du programme lunaire de la NASA, qui doit envoyer quatre astronautes en orbite autour de la Lune à bord de la capsule Orion, reste confrontée à plusieurs verrous techniques majeurs. À mesure que la fenêtre de lancement se rapproche, la capacité de l’agence américaine à corriger ces anomalies conditionnera non seulement le calendrier du programme, mais aussi la sécurité de l’équipage.

Les retards déjà enregistrés illustrent l’ampleur de l’enjeu. La NASA vise toujours un décollage dans les prochains mois, mais devra impérativement traiter ces défaillances pour éviter tout incident en vol. Accumulées, elles alimentent les critiques sur le coût global du programme Artemis et sur la viabilité du retour durable de l’homme sur la Lune.

Le premier point de friction concerne les fuites d’hydrogène liquide du Space Launch System (SLS). Ce problème, déjà responsable du report d’Artemis I en 2022, est réapparu lors des répétitions générales de remplissage. L’anomalie se situe au niveau de la jonction entre les lignes d’alimentation au sol et l’étage central de la fusée, un segment critique durant le compte à rebours. Lors des tests, la concentration de gaz a atteint 16 %, soit un niveau nettement supérieur à l’ancienne limite de sécurité fixée à 4 % à l’époque des navettes spatiales. La NASA a depuis relevé ce seuil, une décision qui interroge sur le plan du calendrier et de la gestion du risque, même si elle s’inscrit dans une évolution des standards techniques.

Deuxième alerte, les systèmes de communication et l’avionique du lanceur ont connu des défaillances lors des essais au Kennedy Space Center. Une panne des communications au sol a contraint les équipes à basculer temporairement sur des systèmes de secours, tandis qu’une anomalie de tension dans l’électronique des propulseurs a interrompu le compte à rebours final. Si ces incidents ont été résolus pendant les tests, ils soulignent la nécessité d’une fiabilité absolue pour une mission habitée engagée dans un trajet de plusieurs jours autour de la Lune.

Autre sujet de préoccupation, le bouclier thermique de la capsule Orion. Après le vol d’Artemis I, les ingénieurs ont constaté une dégradation plus importante que prévu lors de la rentrée atmosphérique. La conception diffère de celle du programme Apollo, Orion utilise un assemblage de blocs AVCOAT plus petits, adaptés à un véhicule plus volumineux, et suit une trajectoire de rentrée modifiée, susceptible d’avoir prolongé l’exposition à des températures extrêmes. Même si la NASA affirme que l’équipage n’aurait pas été en danger, la question de la durabilité de ce système reste centrale pour les futures missions.

Enfin, les combinaisons spatiales de nouvelle génération AxEMU suscitent des réserves. Plus lourdes et plus volumineuses que celles d’Apollo, elles pourraient accentuer la fatigue physique des astronautes lors d’opérations prolongées. Leur masse dépasse 300 livres en gravité terrestre, même si elle sera réduite en environnement lunaire. Elles offrent en contrepartie une mobilité améliorée et un ajustement personnalisé, mais leur ergonomie demeure un point de vigilance pour les séjours de longue durée.

Ces défis techniques ne remettent pas en cause l’ambition du programme Artemis, mais ils rappellent la complexité d’un retour vers la Lune dans un contexte technologique et budgétaire radicalement différent de celui des années 1960. Pour la NASA, l’équation est claire, transformer ces répétitions sous tension en démonstration de fiabilité avant d’engager un équipage humain dans l’espace lointain.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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