Verdict historique, Instagram et YouTube reconnus responsables de l’addiction des jeunes

Publié le 26 mars 2026 à 09:37

Un verdict historique frappe Meta et YouTube, accusés d’avoir rendu les jeunes dépendants. Une décision qui pourrait déclencher une vague mondiale de poursuites.

Par Sahby Mehalla

Verdict historique, Instagram et YouTube reconnus responsables de l’addiction des jeunes

Des membres de la famille brandissent des photos après le verdict d’un procès historique portant sur la responsabilité des plateformes de réseaux sociaux dans l’addiction et les dommages causés aux enfants, au tribunal supérieur de Los Angeles, le mercredi 25 mars 2026, à Los Angeles. (Photo AP/William Liang, via Associated Press)

 

ÉTATS-UNIS — Dans une décision judiciaire sans précédent, un jury californien a reconnu les géants des réseaux sociaux Meta (maison mère d’Instagram et Facebook) et YouTube responsables d’avoir conçu leurs plateformes de manière à rendre les jeunes utilisateurs dépendants, sans prendre en compte leur bien-être.

Au terme de plus de 40 heures de délibération, les jurés ont estimé que ces pratiques avaient contribué aux troubles de santé mentale d’une jeune femme aujourd’hui âgée de 20 ans, identifiée sous les initiales KGM.

Le tribunal lui a accordé 3 millions de dollars de dommages et intérêts, auxquels pourraient s’ajouter 3 millions supplémentaires de dommages punitifs, sous réserve de validation par le juge.

Selon les éléments présentés au procès, la plaignante a commencé à utiliser YouTube dès l’âge de 6 ans, puis Instagram à 9 ans, passant « toute la journée » sur les plateformes durant son enfance.

Ses avocats ont mis en avant des mécanismes jugés délibérément addictifs, notamment le défilement infini, la lecture automatique des contenus et les notifications constantes, conçus pour capter l’attention des utilisateurs les plus jeunes.

Le jury a conclu que les deux entreprises étaient conscientes des risques potentiels pour les mineurs, mais qu’elles n’avaient pas suffisamment averti leurs utilisateurs, il a attribué 70 % de la responsabilité à Meta et 30 % à YouTube, une répartition reflétée dans le calcul des dommages punitifs, avec respectivement 2,1 millions et 900 000 dollars.

Dans leurs réactions, les deux groupes contestent fermement le verdict, un porte-parole de Google a estimé que la décision « déforme la réalité de YouTube », présenté comme une plateforme de streaming responsable et non un réseau social.

De son côté, Meta a souligné que la santé mentale des adolescents est « un sujet complexe » qui ne peut être attribué à une seule application.

La défense avait notamment avancé que les difficultés psychologiques de la plaignante étaient liées à son environnement familial, et non à l’usage des réseaux sociaux.

Toutefois, les jurés ont retenu que ces plateformes constituaient un facteur substantiel dans les dommages subis, sans pour autant être la cause unique.

Ce verdict pourrait marquer un tournant majeur, comme l’a expliqué Sarah Kreps, directrice de l’Institut de politique technologique de l’université Cornell, cette affaire pourrait servir de cas test pour des milliers de procédures similaires en cours aux États-Unis.

« L’enjeu dépasse largement ce cas individuel, ce type de décision pourrait ouvrir la voie à une vague de contentieux comparable à celle des procès contre l’industrie du tabac », a-t-elle souligné.

À noter que TikTok et Snap avaient conclu un accord à l’amiable avant l’ouverture du procès, laissant Meta et YouTube seuls face au jury.

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