L’administration Trump affirme ne pas pouvoir lancer immédiatement les remboursements de droits de douane

Publié le 6 mars 2026 à 20:08

Après une décision judiciaire historique, l’administration de Donald Trump affirme ne pas pouvoir rembourser immédiatement les 165 milliards de dollars de droits de douane jugés illégaux. Entre obstacles techniques et bataille judiciaire, des milliers d’entreprises américaines attendent toujours leur argent. Une crise administrative qui pourrait durer des semaines, voire des mois.

Par Sahby Mehalla

L’administration Trump affirme ne pas pouvoir lancer immédiatement les remboursements de droits de douane

Julius Silver / Pexels

 

L’administration de Donald Trump a déclaré vendredi qu’elle ne pouvait pas commencer immédiatement à rembourser les droits de douane perçus ces dernières années, semant de nouveaux doutes sur le calendrier de restitution de centaines de milliards de dollars dus aux entreprises américaines.

Cette déclaration intervient après qu’un tribunal du commerce américain a ordonné au gouvernement de lancer les remboursements aux importateurs ayant payé ces taxes. Mais les responsables de l’administration affirment désormais que le processus est extrêmement complexe et d’une ampleur telle qu’il pourrait retarder considérablement les paiements.

L’affaire s’inscrit dans les conséquences d’une décision récente de la Cour suprême des États-Unis. Le mois dernier, la Cour a estimé que la majorité des droits de douane imposés sous l’argument d’urgence nationale — via la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale — étaient illégaux.

Dans un document transmis au tribunal, Brandon Lord, haut responsable de la division commerciale de Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, explique que l’agence fait face à « un volume de remboursements sans précédent ». Il précise que les procédures administratives actuelles et les systèmes technologiques ne sont pas adaptés à une opération de cette ampleur.

Selon lui, traiter ces remboursements nécessiterait un travail manuel massif, susceptible de détourner des agents de missions jugées essentielles pour la sécurité nationale et la sécurité économique. Dans ce contexte, les autorités douanières travaillent à une nouvelle fonctionnalité informatique destinée à automatiser une partie du processus, qui pourrait être opérationnelle d’ici environ 45 jours.

Le dossier confirme par ailleurs que le gouvernement fédéral doit environ 165 milliards de dollars de remboursements de droits de douane, hors intérêts. Cette estimation rejoint les calculs précédemment avancés par des économistes de la Wharton School.

Dans les milieux économiques, chaque évolution judiciaire est scrutée de près. De nombreuses entreprises, petites comme grandes, attendent des remboursements parfois colossaux qui pourraient peser lourd sur leurs comptes.

Une tension majeure apparaît désormais dans ce bras de fer. Le tribunal pousse pour une restitution rapide des fonds, tandis que l’administration cherche à ralentir le calendrier en invoquant des contraintes techniques et administratives. 

Le cœur du problème réside notamment dans le système de gestion des importations. Chaque expédition entrant aux États-Unis génère une « entrée tarifaire » dans les bases de données douanières. Une fois ces dossiers finalisés — un processus appelé « liquidation » — récupérer les montants perçus devient nettement plus complexe.

Autrement dit, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre administrative, tandis que les entreprises attendent toujours la restitution de milliards de dollars.

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