Explosion des prix de l’énergie, inflation en hausse et croissance sous tension, la guerre en Iran rebat les cartes économiques mondiales. Voici pourquoi ça change tout.
Par Sahby Mehalla
Chute et rebond des marchés boursiers avant l’annonce des données sur l’inflation. Photo par Michael M. Santiago / Getty Images
ÉTATS-UNIS — La guerre en Iran pourrait faire dérailler l’inflation américaine et rebattre les cartes économiques mondiales.
Selon une analyse récente de Organisation de coopération et de développement économiques, le conflit au Moyen-Orient efface les perspectives d’une inflation stabilisée et d’une croissance mondiale en légère amélioration, au profit d’un scénario beaucoup plus instable dominé par la flambée des prix de l’énergie.
Ce qui apparaissait encore récemment comme une dynamique inflationniste maîtrisable se transforme désormais en véritable test de résistance pour les banques centrales.
Celles-ci pourraient être contraintes de maintenir des taux d’intérêt élevés, voire de les relever, malgré un ralentissement économique qui s’annonce déjà, dans le même temps, les États fortement endettés devront probablement intervenir davantage pour amortir le choc sur les ménages.
Dans ses dernières projections économiques, l’OCDE souligne que « la hausse des prix de l’énergie et l’incertitude liée à l’évolution du conflit au Moyen-Orient augmenteront les coûts et pèseront sur la demande », neutralisant ainsi les effets positifs attendus des investissements technologiques et de la dynamique économique héritée de 2025.
Les chiffres confirment cette tendance, l’inflation aux États-Unis est désormais attendue à 4,2 % en 2026, soit une révision à la hausse de 1,2 point par rapport aux prévisions de décembre.
À l’échelle mondiale, l’inflation des pays du G20 devrait atteindre 4 %, également en hausse de 1,2 point, une décrue est envisagée à moyen terme, avec une inflation américaine ramenée à 1,6 % d’ici 2027, mais les pressions resteront plus persistantes dans le reste du monde.
Sur le plan de la croissance, le tableau reste contrasté, l’économie mondiale devrait progresser de 2,9 % cette année, en ralentissement par rapport aux 3,3 % enregistrés en 2025, les États-Unis résistent mieux que leurs partenaires, avec une croissance attendue à 2 % en 2026, soit une légère révision à la hausse. Mais cet élan pourrait rapidement s’essouffler.
L’OCDE anticipe en effet un ralentissement de la consommation américaine, sous l’effet combiné de la baisse du pouvoir d’achat, d’un marché du travail moins dynamique et de l’épuisement de l’épargne des ménages. La croissance américaine pourrait ainsi tomber à 1,7 % en 2027.
À court terme, la variable clé reste l’énergie, les projections reposent sur l’hypothèse d’une stabilisation progressive des prix du pétrole, du gaz et des engrais d’ici la mi-année, mais un scénario plus pessimiste n’est pas exclu.
Des perturbations durables des exportations au Moyen-Orient pourraient accentuer les tensions sur les marchés, aggraver les pénuries de matières premières et alimenter une inflation encore plus élevée, tout en freinant davantage la croissance.
À l’inverse, un apaisement rapide du conflit ou des gains de productivité liés à l’intelligence artificielle pourraient offrir un scénario plus favorable.
Une chose est certaine, l’économie mondiale entre dans une phase d’incertitude accrue où chaque choc géopolitique devient un levier direct sur les équilibres financiers globaux.
Ajouter un commentaire
Commentaires