Un signal venu d’Iran relance les marchés, Actions en hausse, pétrole en baisse, mais l’équilibre reste fragile. Décryptage d’un tournant clé géopolitique et économique.
Patrick McKeon, au centre, travaille sur le parquet de la Bourse de New York, à New York, le mardi 31 mars 2026. (Photo : AP/Seth Wenig)
ÉTATS-UNIS — À New York, les marchés financiers ont nettement rebondi mardi, portés par un signal diplomatique inattendu en provenance de Téhéran. Les investisseurs ont salué une possible désescalade du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, tandis que les prix du pétrole ont amorcé un repli significatif.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé que son pays disposait de « la volonté nécessaire » pour mettre fin à la guerre, à condition d’obtenir des garanties solides afin d’éviter toute nouvelle agression. Cette déclaration, formulée lors d’un échange avec le président du Conseil européen, constitue le premier signal jugé crédible par les marchés depuis plusieurs semaines.
La réaction a été immédiate sur Dow Jones Industrial Average, qui a bondi de 2,5 %, soit plus de 1 100 points, pour clôturer à 46 341,51 points. « C’est la première communication concrète venant d’Iran qui semble vérifiable », a analysé Art Hogan, stratégiste chez B. Riley Wealth Management, soulignant que les marchés étaient en attente d’une telle annonce après plusieurs semaines de repli.
Dans le même temps, les cours du pétrole ont reculé, le baril de Brent perdant 3,2 % pour s’établir à 103,97 dollars. Cette détente reflète un apaisement temporaire des craintes liées à l’approvisionnement énergétique, fortement perturbé depuis le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février.
Les marchés ont par ailleurs ignoré les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a assuré que l’offensive contre Téhéran se poursuivrait, promettant de neutraliser ce qu’il qualifie de « régime terroriste ».
En parallèle, le président américain Donald Trump aurait indiqué être prêt à mettre fin au conflit même sans réouverture du détroit d’Ormuz, une artère stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Cette perspective a également contribué à soutenir les marchés européens, malgré une inflation en hausse dans la zone euro, alimentée par la flambée des prix de l’énergie.
Toutefois, les tensions restent palpables. Les analystes mettent en garde contre une crise énergétique persistante, notamment en Asie, région la plus exposée aux perturbations d’approvisionnement. « L’Asie sera probablement la plus touchée à court terme », a averti Jean Maynier, président du cabinet Kpler, évoquant des répercussions majeures sur les économies dépendantes du pétrole.
Aux États-Unis, la pression monte également sur l’exécutif. Selon l’American Automobile Association, le prix moyen de l’essence a dépassé les 4 dollars le gallon pour la première fois depuis 2022, ravivant les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et la stabilité économique.
Dans ce contexte, les marchés mondiaux oscillent entre optimisme prudent et incertitude structurelle. Une chose est claire, la géopolitique reste le principal moteur des marchés, et chaque signal diplomatique peut désormais déclencher des mouvements massifs.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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