Les marchés asiatiques plongent, le pétrole s’envole après les menaces de Trump contre l’Iran

Publié le 2 avril 2026 à 10:49

Tensions Iran-USA, marchés sous pression et pétrole en feu. Une allocution de Donald Trump relance la peur mondiale. Analyse complète à lire maintenant.

Les marchés asiatiques plongent, le pétrole s’envole après les menaces de Trump contre l’Iran

Un tableau électronique de cotations affiche l’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo (en haut), le long d’une rue à Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : AFP/Kazuhiro NOGI)

 

ASIE — Les marchés financiers asiatiques ont nettement reculé jeudi, secoués par une nouvelle montée des tensions géopolitiques après une intervention musclée de Donald Trump sur la guerre en Iran. Les investisseurs, en quête de visibilité, ont été refroidis par l’absence de calendrier clair sur la fin du conflit, déclenchant un mouvement de repli généralisé sur les actifs risqués.

Dans une allocution télévisée en prime time, le président américain a affirmé que les États-Unis frapperaient l’Iran « extrêmement durement » dans les deux à trois semaines à venir, tout en laissant entendre que les objectifs militaires étaient proches d’être atteints. Mais l’absence de stratégie de sortie précise a ravivé l’incertitude sur la durée et l’intensité du conflit.

Conséquence immédiate, les marchés ont basculé en mode défensif. Le pétrole a bondi, le baril de Brent pour livraison en juin s’envolant de plus de 6 % à 107,69 dollars, porté par les craintes persistantes sur l’approvisionnement énergétique mondial. En ligne de mire, le détroit d’Ormuz, artère stratégique par laquelle transite près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, dont la réouverture reste incertaine.

Sur les marchés actions, la correction est brutale. Les contrats à terme américains ont cédé environ 1 %, tandis que les futures européens ont chuté de plus de 1,5 %. En Asie, la tendance est encore plus marquée, le Nikkei japonais a reculé de 2,4 %, tandis que le Kospi sud-coréen a plongé de 4,7 %. L’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon a également perdu plus de 2 %, illustrant une aversion généralisée au risque.

Les places financières régionales n’ont pas été épargnées. À Singapour, le Straits Times Index a abandonné plus de 0,7 %, tandis que le Hang Seng à Hong Kong a reculé de près de 1 %. « Le marché attendait de la clarté, il n’en a pas obtenu », résume John Withaar, gérant senior chez Pictet Asset Management, soulignant que la perspective de nouvelles opérations militaires, y compris au sol, alimente la nervosité.

Le climat d’incertitude s’est renforcé à l’approche d’un week-end prolongé sur plusieurs marchés mondiaux, poussant les investisseurs à réduire leur exposition. Toute perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz pourrait porter un coup sévère à la croissance mondiale, déjà fragilisée.

Dans ce contexte, le dollar s’est renforcé, tandis que les rendements obligataires américains ont grimpé. Le taux des bons du Trésor à 10 ans a ainsi progressé à 4,376 %, reflétant les anticipations d’une inflation persistante qui pourrait retarder tout assouplissement monétaire.

Autre signal d’alerte, le retour du spectre de la stagflation, combinaison toxique d’inflation élevée et de croissance faible, déjà observée en mars. Pour les analystes, les déclarations de Donald Trump ravivent ce risque macroéconomique majeur.

En toile de fond, l’Iran continue d’utiliser le détroit d’Ormuz comme levier stratégique, multipliant les tensions dans la région du Golfe. Le président américain a toutefois affirmé que les États-Unis n’étaient pas dépendants de cette route maritime, estimant qu’elle rouvrirait « naturellement » à la fin du conflit.

Mais pour les marchés, une chose est claire, tant que cette artère énergétique ne sera pas sécurisée, volatilité et incertitude resteront les maîtres du jeu.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.