Jusqu’à 1 000 postes supprimés chez Disney, une stratégie choc du nouveau PDG pour relancer la croissance face à la crise du streaming et à la concurrence des géants tech.
Nouveau PDG Josh D’Amaro, Josh D’Amaro a pris la tête de Disney le mois dernier. Photo par Ricardo Moreira/Getty Images pour Disney.
BUSINESS SCOPE — ÉTATS-UNIS — Selon une enquête du The Wall Street Journal, le groupe The Walt Disney Company s’apprête à lancer un plan de licenciements d’ampleur, marquant l’une des premières décisions stratégiques de son nouveau directeur général, Josh D’Amaro.
D’après des sources proches du dossier, l’entreprise prévoit de supprimer jusqu’à 1 000 postes dans les semaines à venir. Une grande partie de ces suppressions concernera le département marketing récemment restructuré.
Comme l’ensemble de l’industrie du divertissement, Disney fait face à une mutation profonde de son modèle économique. Les revenus issus du streaming restent inférieurs à ceux historiquement générés par la télévision linéaire, tandis que le box-office recule et que la concurrence des géants technologiques, notamment Amazon et YouTube, s’intensifie. L’objectif est désormais clair, réduire les coûts pour réallouer les ressources vers les activités numériques jugées plus porteuses.
Cette nouvelle vague s’inscrit dans une dynamique déjà engagée. Depuis le retour de Bob Iger à la tête du groupe en 2022, plus de 8 000 emplois ont été supprimés dans le cadre d’une restructuration majeure. Selon les informations rapportées, les plans actuels étaient déjà en préparation avant l’arrivée de D’Amaro.
À la fin de l’exercice 2025, Disney comptait environ 231 000 employés, dont près de 80 % dans la division « expériences » (parcs à thème et produits dérivés). Les réductions d’effectifs ont principalement touché les divisions divertissement, ESPN et les fonctions corporate, tandis que les activités liées aux parcs et aux croisières continuent de croître.
Cette tendance dépasse Disney. L’ensemble du secteur est sous pression, avec des suppressions d’emplois également observées chez Sony Pictures, Paramount et Warner Bros. Discovery. D’autres réductions pourraient suivre, notamment en cas de consolidation du secteur.
En interne, Disney accélère la centralisation de ses opérations. Depuis janvier, les fonctions marketing des divisions divertissement, expériences et sport ont été regroupées sous l’autorité d’un seul responsable, Asad Ayaz, dans le cadre d’un plan baptisé « Project Imagine ». L’entreprise travaille également à la fusion des équipes de Disney+ et Hulu, avec l’ambition de réunir les deux plateformes au sein d’une application unique.
Pour piloter cette transformation, Disney s’appuie sur les consultants du cabinet Bain & Company, chargés d’optimiser la stratégie de réduction des coûts.
Arrivé récemment à la tête du groupe, Josh D’Amaro n’a pas encore détaillé sa feuille de route. Toutefois, selon plusieurs sources internes, il souhaite accélérer la collaboration entre les différentes divisions afin de gagner en efficacité opérationnelle — une évolution qui alimente les craintes des salariés.
En toile de fond, l’enjeu est financier. L’action Disney reste sous pression, ayant perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic de 2021 et évoluant aujourd’hui à des niveaux comparables à ceux d’il y a dix ans. La capacité du nouveau PDG à relancer la croissance du groupe sera donc scrutée de près.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Disney • licenciements • Josh D’Amaro • streaming • Disney+ • Hulu • industrie du divertissement • restructuration • médias • Hollywood
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