Quand Trump traite les autres de dictateurs, lui même incarne la dictature

Publié le 8 janvier 2026 à 14:40

Il dénonce les tyrans tout en concentrant le pouvoir, en brutalisant la presse, en criminalisant les migrants et en piétinant le droit international. Entre mensonges institutionnalisés, répression intérieure et interventions extérieures contestées, le trumpisme révèle un paradoxe dangereux : combattre les dictateurs… en adoptant leurs méthodes.

Par @sahbymehalla

Quand Trump traite les autres de dictateurs, lui même incarne la dictature

Parler fort n’est pas gouverner juste. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump multiplie les anathèmes contre les « dictateurs » qui contrarient les intérêts américains. Problème ? une accumulation de décisions, de discours et de pratiques de son administration nourrit une question dérangeante, désormais posée ouvertement par des juristes, ONG et éditorialistes, les États-Unis glissent-ils vers une normalisation de l’autoritarisme par le sommet ? La réponse n’est pas un slogan. Elle s’appuie sur des faits documentés, des alertes institutionnelles et des atteintes répétées aux standards démocratiques et au droit international, selon des sources de référence.

Un pouvoir qui ment, stigmatise et radicalise. Les contre-vérités présidentielles sont devenues structurelles, relevées par des dispositifs de fact-checking indépendants. Le procédé est constant, discréditer les contre-pouvoirs, attaquer les médias, désigner des boucs émissaires — migrants, opposants, juges — pour consolider une base politique mobilisée par la peur. Des organisations de défense des libertés civiles notent que cette rhétorique n’est pas décorative, elle prépare et légitime l’action publique, notamment lorsqu’elle vise des groupes déjà vulnérables, d’après l’ACLU et Human Rights Watch .

Des lignes rouges internationales franchies. Sur le plan extérieur, la doctrine du fait accompli a remplacé le multilatéralisme. Les pressions et opérations coercitives contre le Venezuela, l’Iran ou à Gaza ont suscité des mises en garde répétées sur la conformité au droit international humanitaire et au principe de souveraineté. Des rapporteurs et diplomates à l’ONU rappellent que sanctions extraterritoriales, frappes ciblées et entraves humanitaires exposent Washington à des accusations de violations des Conventions de Genève et de la Charte des Nations unies, selon Reuters et l’ONU . Même logique en Asie-Pacifique, la posture de confrontation durable accroît les risques d’escalade, au détriment des cadres de désescalade construits depuis des décennies.

À l’intérieur, la démocratie sous pression. La politique migratoire concentre les dérives. Les opérations de U.S. Immigration and Customs Enforcement sont critiquées pour leur brutalité, leurs détentions prolongées et des décès en garde à vue. Human Rights Watch documente des conditions indignes et des atteintes procédurales, tandis que l’Associated Press et Reuters rapportent des contentieux et des enquêtes fédérales après des opérations mortelles . La comparaison historique choque — et doit rester prudente — mais le fond de l’alerte est clair, un État de droit ne banalise pas la peur administrative.

La presse, cible politique. Les attaques verbales répétées contre les journalistes, l’entrave à l’accès à l’information et la judiciarisation de la critique réduisent l’espace civique. Reporters sans frontières observe un recul de l’environnement médiatique aux États-Unis, nourri par un climat d’hostilité institutionnelle envers la presse indépendante . Une démocratie mature protège ceux qui enquêtent ; elle ne les transforme pas en adversaires.

Le paradoxe Trump. Traiter ses ennemis de « dictateurs » tout en affaiblissant les garde-fous démocratiques est une stratégie risquée. Aucun texte n’érige formellement Donald Trump en dictateur. Mais les faits — violations alléguées du droit international, stigmatisation des opposants, pression sur la presse, coercition administrative — dessinent un style de pouvoir autoritaire. L’Histoire juge moins les mots que les méthodes. Et aujourd’hui, les méthodes inquiètent.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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